Bonjour
Pour rappel , la pĂ©dagogie c’est l’ensemble des mĂ©thodes et pratiques d’enseignement et d’Ă©ducation ainsi que toutes les qualitĂ©s requises pour transmettre un savoir quelconque.
Et si cette activitĂ© (laser truc et bolwing …qui peuvent faire partie d’un projet plus large dans le temps) n’Ă©tais qu’un simple outil qui permettraient aux animateurs un accompagnement vers l’acquisition de savoir ĂȘtre….
Ce n’est qu’une question!
GGGuiz a Ă©crit :
Shaa et Matim : En quoi c’est mal d’amener des enfants au LaserQuest/bowling/macdo ? Pourquoi c’est “antipĂ©dagogique” ? Parce que les enfants s’amusent ?
Mal ? En ce qui me concerne je ne pense pas ĂȘtre dans l’analyse simpliste ” c’est mal / c’est bien “…
Ce que je dis c’est que c’est un projet, certes basique, mais surtout c’est du niveau zĂ©ro de la pĂ©dagogie et de l'”animation”.
Donc par pitiĂ© ne l’appelez pas projet pĂ©dagogique ! projet d’amusement Ă la limite, projet d’Ă©ducation Ă la consommation certainement.. Pas besoin d’ĂȘtre animateur diplĂŽmĂ© et formĂ© pour mettre en place ces 3 projets (laser, mac do, bowling) n’importe quel parent est capable de cela… sans formation.
Pour rappel , la pĂ©dagogie c’est l’ensemble des mĂ©thodes et pratiques d’enseignement et d’Ă©ducation ainsi que toutes les qualitĂ©s requises pour transmettre un savoir quelconque.
Alors aux vues de cette dĂ©finition je suis curieux de connaitre les objectifs pĂ©dagogique de la sortie Mc Do …
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Ce que dit franck lepage n’est pas d’arrĂȘter de faire des projets, c’est de ne pas laisser les entreprises s’accaparer du mot “projet”..
Euh, je ne suis pas sĂ»r qu’il dise ça… Ou plutĂŽt, je suis presque sĂ»r qu’il ne dit pas ça… Ăa, c’est la façon dont tu as envie de comprendre ce qu’il dit de maniĂšre Ă ĂȘtre d’accord avec lui.
Shaa et Matim : En quoi c’est mal d’amener des enfants au LaserQuest/bowling/macdo ? Pourquoi c’est “antipĂ©dagogique” ? Parce que les enfants s’amusent ?
Shaaa a Ă©crit :
Est-ce que c’est du “projet” ou un produit vendu aux familles ?
Salut.
Qu’on soit d’accord ou pas ça reste un projet au sens premier du terme.
Mais il ne peut pas se prĂ©valoir du qualificatif “pĂ©dagogique ” .
Vendre de la soupe aux personnes qui attendent ça bouche ouverte, c’est un projet… commercial.
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Ahem.
Quand des structures de loisirs sous couvert de “projet” pĂ©dagogique et de “projets” d’activitĂ© font des sorties Ă LaserMachin, Bowling, MacDo,… afin d’attirer les familles, de remplir leur centre (et leur minibus) mais aussi toucher plus de prestations de la CAF.
Est-ce que c’est du “projet” ou un produit vendu aux familles ?
C’est vrai qu’il fait peur Franck avec cette notion de projet..
Mais Ă la diffĂ©rence du monde de l’entreprise, nous ne sommes pas des vendeurs de projets! on assomme pas notre public avec des projets, on les construits ensemble, on se questionne, on les remets en question, on ne vends pas un produit, le bĂ©nĂ©fice ne va pas dans les poches de quelques actionnaires. Le bĂ©nĂ©fice que l’on recherche va dans la tĂȘte de notre public par sur un compte bancaire, permettre la prise de conscience, le bonheur, l’entre aide..
Ce que dit franck lepage n’est pas d’arrĂȘter de faire des projets, c’est de ne pas laisser les entreprises s’accaparer du mot “projet”..
Ă nous de lui donner une connotation ‘positive’ et vraie!
Pour en savoir un peu plus sur Franck LEPAGE, ses acolytes et ce qui ce cache sous le pavé :
Pour ceux que ça intĂ©resse, le spectacle de Franck Lepage est visionnable ici : http://www.alpesolidaires.org/incultures-conference-gesticulee-de-franck-lepage (et c’est une version de qualitĂ©, les premiĂšres renvoyĂ©es par google sont inaudibles…)
Il s’agit d’une “confĂ©rence gesticulĂ©e” autour de l’Ă©ducation populaire. On y trouve une dĂ©nonciation de ce qu’est devenue l’Ă©ducation populaire, oĂč s’affrontent dĂ©sormais des “projets” (produits) sur le marchĂ© des “subventions”. Une critique de la novlangue qui sĂ©vit sur ce marchĂ© en faveur des populations “dĂ©favorisĂ©es” (et non pas “exploitĂ©es”, il faut mieux accuser la malchance que dĂ©signer un exploiteur).
Franck Lepage revient aussi sur son parcours, et sur la façon dont sa rencontre avec Christiane Faure lui a ouvert les yeux sur son mĂ©tier antĂ©rieur, “prophĂšte” de la novlangue capitaliste. On trouve dans le spectacle un sketche marquant sur la langue de bois qui sĂ©vit dans le domaine de l’Ă©ducation populaire… Franck Lepage s’amuse Ă prendre ces concepts au hasard pour former des discours-types qui ne veulent rien dire et dont on nous abreuve sans fin : DĂ©mocratie, citoyennetĂ©, lien social, etc.
On y parle aussi de l’absurditĂ© totale de la fusion “jeunesse et sports”, de la dĂ©politisation de la culture (la politique consistant Ă poser des jugements de valeur, la culture indiquant qu’une “expression culturelle” n’a pas Ă poser de jugement sur une autre “expression culturelle”…)
Dans le spectacle, en plus du passage citĂ© par Bourricot, Franck Lepage montre que le “projet” transforme tout ce qui bouge en marchandise. L’amour, la santĂ©, la solidaritĂ©, etc, devenant les produits d’un nouveau marchĂ©…
Point de vue tout Ă fait en adĂ©quation avec ce qui est dit par certains sur le forum depuis quelques temps, en adĂ©quation avec les Ă©changes que l’on peut avoir “sur le terrain”, les observations depuis des annĂ©es…
Ce texte dĂ©montre bien toute l’absurditĂ© de cette pensĂ©e, que l’on applique Ă tous les niveaux, partout, sans distinction, sans qu’il ne soit plus question du sens (mais bordel, Ă quoi ça sert ???), comme de demander Ă des animateurs qui arrivent dans l’animation et n’ont aucune expĂ©rience de ce peut ĂȘtre ce rapport Ă l’autre dans le cadre d’une animation, qui n’ont pas vĂ©cu cette complexitĂ©, de mettre par Ă©crit ce dont il n’ont pas fait l’expĂ©rience, d’analyser et de faire des retours sur ce qu’ils n’ont pas vĂ©cu !!!! Quand il faut des annĂ©es pour commencer Ă entrevoir un dĂ©but d’Ă©bauche de l’amorce de l’embryon d’un essai de brouillon (et encore !)
Pour parodier le fonctionnement de cette pensĂ©e : ĂȘtre un chercheur de l’animation avant d’avoir Ă©tĂ© animateur.
Comme dĂ©jĂ Ă©crit, notamment sur le post “quelques petites interrogations sur les claĂ©” : il s’agit bien de remettre en cause notamment le projet pĂ©dagogique, la demande de “projet d’animation” aux animateurs avant que ceux-ci ne rĂ©alisent une animation… Toutes ces choses qui ne veulent plus rien dire.
[…]Et selon vous, quel est le mot qui arrive « number one » en tĂȘte de
quatre-vingt-dix ouvrages de management de lâannĂ©e 2000 ?
Mesdames et Messieurs, je vous présente notre ennemi : le « projet » !
Si nous ne parvenons pas à combattre ça, nous sommes foutus ! Nous
sommes foutus, parce que ce satanĂ© mot – qui est tellement positif par
ailleurs ! – ce satanĂ© mot a tellement colonisĂ© nos façons de penser en
vingt ans – câest un mot rĂ©cent – que nous ne parvenons plus Ă penser en
dehors de lui !
Nous estimons que les jeunes doivent avoir des projets. Nous disons de
certains jeunes quâils nâont pas de projets. Nous estimons que les
pauvres doivent faire des projets ! Les gens le plus en difficulté, pour se
projeter dans lâavenir, on leur demande des projets !
Les seuls Ă qui on ne demande pas de projets, ce sont les riches.
Nous estimons quâil nous faut avoir un « projet de vie ». Manifestement
« vivre » ne suffit plus ! Nous devons transformer notre propre vie en un
processus productif ! Parce que ce mot, Mesdames et Messieurs, est un
mot qui transforme tout ce qui bouge en un produit ! Câest-Ă -dire en une
marchandise. Des choses qui, jusquâĂ maintenant, Ă©chappaient Ă la
logique de la marchandise – du social, de lâĂ©ducatif, du culturel… – Ă
partir du moment oĂč on les fait sous cette forme-lĂ …
Cela signifie quâau lieu de travailler dans un quartier sur huit ans, dix
ans, douze ans – ce que nous faisions dans les annĂ©es 1960, quand on
Ă©tait Ă©ducateur ! â aujourdâhui, on rĂ©unit un groupe de jeunes… Avec
eux, on monte un « projet ». Ce projet dure un an. On défend ce projet
en Ă©change dâune subvention, en concurrence avec dâautres porteurs de
projets. Ce projet nâest pas fini, quâon est dĂ©jĂ en train de prĂ©parer le
projet suivant pour obtenir la subvention suivante.
A partir du moment oĂč lâon fait ça, Mesdames et Messieurs, on rentre
dans la définition marxiste de la marchandise.
La marchandise, câest un bien ou un service rĂ©alisĂ© dans des conditions
professionnelles, qui teste sa pertinence sur un marché en concurrence
avec dâautres biens ou services Ă©quivalents. Et bien, Mesdames et
Messieurs, le mot « projet » est un mot qui, insidieusement, transforme
notre vie en un processus de marchandise.[…]
Franck Lepage, Inculture(s), L’Ă©ducation Populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu!
Ce passage du spectacle de Franck Lepage en a questionnĂ© plus d’un sur leur pratique. Il faut dire que le fonctionnement par projets est tellement ancrĂ© dans le travail des Ă©quipes d’animation, que nous en avons mĂȘme plus remis en question sa nĂ©cessitĂ©, son existence mĂȘme.
Pourtant, ce qui est habilement dĂ©montrĂ© et ceci mĂȘme en amont dans le spectacle, c’est que les associations et acteurs de l’Ă©ducation populaire n’ont en vĂ©ritĂ© aucune emprise voire de libertĂ©. C’est le pouvoir qui en institutionnalisant et en imposant des “conventions d’objectifs”, la mise en concurrence par le biais des DSP et offres de marchĂ©s qui tient largement la bride. Tout ceci dans un unique but : acheter la paix sociale.