crevette76 a Ă©crit :
Jâai commencĂ© un fil Ă propos de mes dĂ©buts Ă moi.
Je vais suivre ça de prÚs.
Tu nous donnes des news toi ?
Toujours sur la grosse Ă©cole oĂč ça se passait mieux ?
Oui, je commence ma deuxiĂšme annĂ©e dans cette Ă©cole, ça se passe plutĂŽt bien (mieux que mes expĂ©riences prĂ©cĂ©dentes) mĂȘme sâil y a toujours des trucs pĂ©nibles, en particulier cette volontĂ© gĂ©nĂ©rale de toujours aller vers plus restrictions, plus de rĂšgles (de âcadreâ), moins de libertĂ©s pour les enfants.
Ce qui sauve cette Ă©cole, câest quâil y a presque 400 enfants, 22 anims et 4 directrices (et 0 âleaderâ qui voudrait tout prendre en main), et que la communication dysfonctionne totalement entre adultes (Balthazaar tu disais autre chose sur le fil de Crevette? đ ).
Ici, on a la chance dâavoir 3 heures de rĂ©unions hebdomadaires pour lâorganisation et les prĂ©pas, et 10 min de âPoint Journalierâ pour se passer les infos importantes du jour.
On se parle donc beaucoup (on sâentend mĂȘme assez bien) mais dans un registre inefficace au possible. Câest assez super.
A mon sens, ça vient du fait quâune grosse partie des anims est peu attentive Ă ce qui se dit et passe en rĂ©union et que les directrices ont une Ă©trange capacitĂ© Ă faire trĂšs mal passer leur message, Ă faire volte face pour un oui ou un non et Ă se contredire sur tout et nâimporte quoi. Du coup, nous, anims interprĂ©tons les choses comme on le comprend ou comme on veut le comprendre (pour les plus fourbes comme moi).
Et les directrices sont totalement impuissantes, ça fait un an que la plus obstinée nous demande réguliÚrement de ne plus papoter pendant les temps de surveillance cour et cantine. Et ça fait un an que certains anims (dont une directrice) continuent à papoter tranquillement.
Donc il ne se passe jamais rien (enfin si, mais hors cadre), ce qui se dit â dans un sens ou un autre- nâa aucune incidence, il y a comme une force supĂ©rieure qui domine ce Clae đ Et câest dans ce fonctionnement qui Ă©chappe au cadre que je peux gagner en pouvoir et libertĂ© dans mon travail avec les mĂŽmes.
De temps en temps quand mĂȘme, en particulier quand ça concerne les enfants, directrices et anims joignent leurs forces et tentent de mettre en place des projets absolument irrĂ©alistes, irrĂ©flĂ©chis et crĂ©tins (comme par exemple isoler les enfants qui ont des problĂšmes de comportement en leur imposant des activitĂ©s). Ce genre de projet se fait (heureusement) avec des anims volontaires qui sâĂ©puisent pendant plusieurs mois Ă mettre en place quelque chose qui va systĂ©matiquement se planter et poser plus de problĂšmes quâil nâen rĂ©sout.
Autre exemple, en ce dĂ©but dâannĂ©e, aprĂšs nous avoir fait visionner un film sur les bienfaits de la co-Ă©ducation (film, qui nâa rien Ă envier Ă une pub Kinder) certains anims ont eu lâenvie de mettre en place un systĂšme de bons points, comme le font les instits, pour les enfants vertueux⊠Que dire? Jâai exposĂ© mon point de vue (parfois une simple contradiction suffit Ă tout bloquer). Mais peu importe car ça ne se fera pas.
Dans ce contexte, jâarrive Ă mettre en place des activitĂ©s qui mâintĂ©ressent. Câest dĂ©jĂ beaucoup pour un ClaĂ©. Câest plus compliquĂ© quand on a besoin de quelque chose : matĂ©riels, autorisations de sortie ou des demandes un peu exceptionnelles. Comme toi ou Moilapa, je me dĂ©brouille souvent pour rĂ©cupĂ©rer les trucs dont jâai besoin (ou je les achĂšte) et pour le reste, obstination⊠Mais face Ă du vent, lâobstination câest pas toujours efficace đ
Jâai commencĂ© un fil Ă propos de mes dĂ©buts Ă moi.
Ce qui est un peu flippant (rigolo ?) câest que je viens de reparcourir celui-ci et jâaurais pu en fait me contenter de citer des bouts de ce que tu y dis vĂ©gĂ©teuse pour situer Ă peu prĂšs ce que jâobserve et ce que je vis.
Je ne sais pas trop si ça me rassure ou si ça mâeffraie encore plusâŠ
Ce qui est par contre couillon câest que je pourrais inclure dans certaines citations des âerreurs Ă ne pas faire la prochaine foisâ⊠jâaurais du relire avant.
Tu nous donnes des news toi ?
Toujours sur la grosse Ă©cole oĂč ça se passait mieux ?
Merci Crevette. Ce temps limite de post est parfois casse-couillesâŠ
Sinon : Oui sâagissant dâAlinsky et quelques rares autres, qui me font penser que tout a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dit depuis les annĂ©es 70, dĂ©but 80âŠ
Ces auteurs ont juste un lĂ©ger dĂ©faut : ils croient en lâĂȘtre humain.
Sinon, pour trouver matiĂšre Ă objecter Ă un systĂšme cinglĂ© façon claĂ© : revenir Ă la dĂ©finition du mot ârĂ©crĂ©ationâ, revenir Ă ce quâest un temps libre, libre par rapport Ă quoi ?
Puis au terme âloisirsâ (transformation du temps libre en quelque chose forcĂ©ment !) , ce que contient le terme, notamment cette rupture avec une autoritĂ© (Marie Françoise Lafant)
Se battre pour que reste ce terme de âloisirsâ ici, puisque on ne veut pas du âvideâ productif : qui se dĂ©finie par rapport au travail ! De voir ce que peut ĂȘtre ce travail des enfants. Et donc Ă quoi ce temps rĂ©crĂ©ation sâoppose de fait !
Revenir Ă lâavant claĂ©, relire le dĂ©cret qui a donnĂ© naissance Ă cette idĂ©e claĂ©, voir ce quâil y avait dĂ©jĂ de âvomissableâ dĂ©s sa naissance.
Que donc on parle dâun temps inactif, improductif (loirsirs)
Quâil faut laisser aux enfants le loisir deâŠ
Si il y a un temps libre, câest quâil y a un temps non libre, etcâŠ
En finir avec cette idĂ©e âdâĂ©ducation populaireâ, soit
prĂ©tendre âenrichirâ le peuple, lâĂ©duquer, durant son temps hors travail !!!! Savoir Ă sa place ce qui est bien pour lui. Je chie sur cette idĂ©e, une capitalisation du temps libre ! Cette idĂ©e continue productiviste !
DĂ©fendre au contraire lâidĂ©e de faire de ce temps libre un loisir Ă raison de rien (puisque plus facile Ă dĂ©fendre que le temps de friche) Et non un temps dâĂ©ducation !!!! Parce que si le travail de lâenfant câest dâĂȘtre Ă©duquĂ© par les adultes, lâĂ©ducation nâa pas sa place dans le loisir de lâenfant !!!
Sinon, Ă©videmment, penser sans cette idĂ©e loisirs, si on en a les capacitĂ©s, penser rĂ©ellement âtemps libreâ, temps improductif.
Sur ces questions et autres, lâintĂ©ressant : âLes Français en vacancesâ de Bertrand RĂ©au.
bien entendu, en partant du principe complĂštement con quâun animateur claĂ© soit en capacitĂ© de jongler avec ces idĂ©esâŠ
Discours blasĂ© plutĂŽt ; ok sur le sens individuel si chacun fait son petit truc dans son coin style âjâai ma conscience pour moiâ oui mais est-ce que ça joue rĂ©ellement contre lâinstitution qui se dĂ©veloppe en exigeant toujours plus de contrĂŽle? Je ne suis pas convaincu.
Pourtant câĂ©tait une question intĂ©ressĂ©e, je suis vraiment intĂ©ressĂ© parce que les miennes ça marche pas spĂ©cialement fort.
Il existe certainement des endroits oĂč il reste tout Ă faire, il y a aussi des endroits oĂč on pense avoir enfin atteint le stade ultime de la politique jeunesse en allant vers le contrĂŽle max, vers vingt âprojets dâenfantsâ par an, etc. Et donc lĂ -dedans si vous avez des astuces, une stratĂ©gie Ă long terme, etc. ça mâintĂ©resse.
merde⊠pas le temps de me relireâŠ
(si Crevette tu pouvais juste surligner la partie de texte que jâai citĂ© :
Se tenir Ă distance tout en Ă©tant prĂ©sente, je pense que câest la position que jâessaie de tenir lors de mes activitĂ©s et sur les autres temps. JusquâĂ maintenant, jâai lâimpression que ce positionnement Ă tendance Ă aggraver le rapport de domination adulte/enfant Ă lâĂ©chelle du Clae. Comme si les autres anims cherchaient Ă contrebalancer âun manqueâ.
qui est de Végéteuse)
Juste alors :
Oui. Et il y aurait des loups qui danseraient avec les brebis, les pĂ©troliers qui seraient remplis de lait Ă la fraiseâŠ
Je crois quâĂ un moment, âfaut arrĂȘter de âfaire semblantâ.
Lâenfant est la preuve du pouvoir de lâadulte.
DâoĂč lâintĂ©rĂȘt alors : la seule chose sur laquelle il faille travailler, câest sur soi : celui que lâon apporte Ă ces rencontres.
Et non un travail sur cet autre, cet enfant.
Ces rĂšgles, ces interdits⊠ce nâest pas Ă lâAutre quâil faut les imposer !! Mais Ă soi !!!
Ce nâest quâalors que peuvent se crĂ©er des ârĂšglesâ au sein dâun groupeâŠ
comment juste par exemple tenir un discours aux enfants sur la violence quand tout le systĂšme auquel on participe est violent pour ces enfants !!!!!
Ce seul constat permet de totalement âsâexonĂ©rerâ de tout ce qui fait le claĂ©.
De tous ces formatages, notamment ceux liĂ©s Ă ce mĂ©tier, comme cette idĂ©e quâil faudrait mettre en place des rĂ©unions informelles pour quâexiste la parole de lâenfant⊠Comme si lâenfant attendait lâadulte pour sâexprimerâŠ
âLâobjectif nâĂ©tait pas du tout leur parler de libertĂ© mais de leur offrir un espace de parole libre oĂč il pourrait dire ce quâils souhaitent au ClaĂ© (pas Ă moi en tant quâanimatrice, au ClaĂ© en tant quâinstitution).â
Je prends un exemple sur ce claĂ© prĂ©cis : les animateurs ont eu la bonne idĂ©e de faire un âsondageâ pour demander aux enfants ce quâils aimeraient quâil y ait comme animation, Ă partir du constat intĂ©ressant quâil y a dĂ©calage entre les mĂ©dicocres propositions dâanimateurs et les enfantsâŠ
Quâont-ils fait de cette liste Ă©crite ? Rien. Les animateurs ont continuĂ© dans leur mĂ©diocritĂ©.
Un autre simple exemple : que crois-tu que ferais ces producteurs dâanimations mĂ©diocres si le souhait des enfants Ă©taient juste quâon les laisse jouer ? Quâon leur foute la paix ?
Combien de ces animateurs-producteurs ne ressentiraient pas cela comme une agression, une remise en question de ce quâils sont en tant que producteur ? De ce qui les dĂ©finie ici, de ce qui dĂ©finie la raison de leur prĂ©sence ici ?
Comment veux-tu âreprendreâ lâensemble de ce qui construit chacune de ces personnes, de tout ce qui a fait ce quâils sont ? Tout leur passĂ©, toute leur vie, toute leur croyance crĂ©Ă©e par la sociĂ©tĂ© ? De remettre en cause ce quâils sont, ce qui les a construit, formatĂ©, ce en quoi ils croient ?
Il nây a rien Ă attendre des Ă©quipes dâanimation sur les claĂ©. Le seul fait dây croire tient de la naĂŻvetĂ©.
Mais mettre en place un temps et un espace de parole contredit-il le fait dâĂȘtre Ă lâĂ©coute en tant quâanimateurâŠ
Un âespace de paroleâ ! Un âespace de paroleâ du point de vue de qui ?
Le jeu nâest-il pas le plus grand espace de parole dont dispose ces enfants en Ă©tat dâĂ©lĂšve ? de possibilitĂ© dâĂ©chappatoire provisoire ?
est-ce que toute autre mise en place sur cet espace déjà trÚs réduit, ne va pas réduire un peu plus cet espace-temps ?
Finalement tes mots ne sont pas trĂšs loin de ceux que jâai entendu en rĂ©union la semaine derniĂšreâŠ
bin, je ne le voyais pas tout Ă fait comme ça. Mais si cette violence chez certains enfants, au lieu de se tourner vers dâautres enfants, se tourne vers lâanimateur qui prĂ©tend gĂ©rer lâanimation oĂč la âpetite terreurâ se trouve, alors câest tout bĂ©nĂšfâ. VoilĂ peut ĂȘtre un intĂ©rĂȘt Ă la prĂ©sence dâanimateurs sur des Ă©coles⊠Je ne vais pas pleurer sur une animatrice ou un maĂźtre qui prennent une baigne dans la tĂȘte⊠Jâaurais plutĂŽt tendance Ă mâen rĂ©jouirâŠ
En rĂ©union, câest dĂ©primant tous ces raccourcies
Les rĂ©unions passent plus vite si on en attend rien. Ca peut ĂȘtre lâoccasion de prĂ©parer ses actions auprĂšs des enfants, ne pas tenir compte de ce que racontent les uns et les autres autour de la table.
De contrebalancer celle des adultes?
Oui. Et il y aurait des loups qui danseraient avec les brebis, les pĂ©troliers qui seraient remplis de lait Ă la fraiseâŠ
Je crois quâĂ un moment, âfaut arrĂȘter de âfaire semblantâ.
Lâentre-enfants se produit nĂ©cessairement dans un contexte rĂ©gi par les adultes qui, plus ou moins, volontairement, se mettent en retrait durant un temps trĂšs court
bien entendu. Mais peu importe la durĂ©e ! Ce qui compte, câest que cet espace existe ! Que cela soit durant une heure de rĂ©crĂ©ation pour les enfants les plus chanceux, ou les quelques secondes passĂ©s dans le âpoint mortâ invisible aux adultes et interdit dans telle autre Ă©cole.
âŠrites⊠qui se construisent sur ce quâils comprennent du monde adulte
Mais entendu, encore une fois !!! Qui prĂ©tendraient demander aux enfants de faire ce quâaucun adulte ne serait capable de faire ? RecrĂ©er le monde Ă partir de rien !!!!
Est-ce que câest pour cela que cet entre-enfants a moins de valeur ?
Il nâen a au contraire que plus. Plus quâil sâagit alors dâune ârelectureâ ! Et donc la possibilitĂ© dâune critique !
Bien entendu que les enfants sont les pires rĂ©ac ! Mais ils sont Ă la fois les pires dĂ©fenseurs dâun immobilisme dont ils ont besoin pour se construire, mais aussi les premiers rĂȘveurs Ă se dispenser de toute limite.
Parfois, ses rĂšgles sont amorales et peuvent valorisĂ©es la sĂ©grĂ©gation des sexes, la supĂ©rioritĂ© du plus fort ; Ă lâimage de notre sociĂ©tĂ© quâils cĂŽtoient, de fait⊠Passage nĂ©cessaire et/ou expĂ©riences Ă discuter ?
Et alors ???? En quoi les enfants devraient ĂȘtre âmeilleursâ que les adultes ? Bien entendu quâils ont ce droit dâĂȘtre violent, dâavoir envie dâagresser sexuellement, dâaimer faire du mal !!!! Au nom de quoi ne pourraient-ils pas avoir ces envies !!!!! En quoi le âmonde des enfantsâ devraient-ils ĂȘtre moins violent que celui des adultes ???? En quoi devraient-ils ĂȘtres des animaux diffĂ©rents des animaux adultes ?????
Ce qui Ă©viterait peut-ĂȘtre une mystification pour eux et une dĂ©sillusion pour lâanimatrice, a priori
Cette mystification est inĂ©vitable sur ce type de pratique : les conseils dâenfants en colo, les Ă©lus enfants dans les mairies et autres collectivitĂ©s. A partir du moment oĂč lâadulte a des vues sur ce qui fait cette rĂ©union.
Câest en ça que la fameuse Ă©chelle de participation est fausse : ce degrĂ© âultimeâ de la participationâŠ
Sinon âne parlons pas alors de âlibertĂ©â effectivement. Parlons juste de foutre la paix au maximum Ă ces mĂŽmes qui nâont pas envie dâĂȘtre confrontĂ©s aux adultes durant LEUR rĂ©crĂ©ation. Car il sâagit bien dâune rĂ©crĂ©ation, quoi quâon puisse en dire sur certains claĂ©. Cette âdisparitionâ facile est justement utile Ă justifier la main-mise adulte sur ce temps qui nâappartient plus Ă lâenfant, et dans lequel alors tout est permis Ă lâadulte.
Sâagissant de cette âtroisiĂšme voie possibleâ elle est dans lâagression constante des adultes du claĂ©.
Retourner la part de violence et sexualité présente dans les rapports adultes-enfants, dans toute animation, dans le rapport entre adultes.
Il ne sâagit pas de convaincre ses collĂšgues, il sâagit de leur donner mal au ventre Ă lâidĂ©e de retourner travailler. Faire quâil ressente cette violence quâils font subir aux enfants, que ces organisations font subir aux enfants. Et mettre en parallĂšle ces violences quand tel ou tel vient pleurnicher en rĂ©union.
Dans ces Ă©quipes dâanimation, les rapports apaisĂ©s, câest la preuve de la lĂąchetĂ© des participants de ces Ă©quipes. oĂč lâon prĂ©fĂšre son petit confort au soucis du ressenti des enfants.
2chappons à ces discours apeurés façon Balthazar :
GĂ©rer ça dans le cadre du travail dâanimateur ou de directeur, bon courage. On est soumis Ă quelques maĂźtres âĂ©lusâ qui dĂ©cident tout Ă notre place.
Quelque soit ces personnes, quâĂ t-on Ă perdre ?????? Rien. Au contraire, on y gagne ce plaisir Ă faire du mal au pire. Envie de mordre, de les dĂ©zinguer au moins par la parole !
Si vous arrivez Ă combattre ça depuis votre place dâanimateur, dites-nous commentâŠ
Mais quelle meilleur place que celui que lâanimateur ! Qui nâa aucun compte Ă rendre ! Qui va mettre en place ce quâil entend ! Comme animation ! Comme rapport en lâenfant !!!!
Qui est dans ce tĂȘte Ă tĂȘte dans la cour ? Face aux enfants, si ce nâest lâanimateur !!! Qui a rĂ©ellement ce pouvoir politique !!!!!
Se tenir Ă distance tout en Ă©tant prĂ©sente, je pense que câest la position que jâessaie de tenir lors de mes activitĂ©s et sur les autres temps. JusquâĂ maintenant, jâai lâimpression que ce positionnement Ă tendance Ă aggraver le rapport de domination adulte/enfant Ă lâĂ©chelle du Clae. Comme si les autres anims cherchaient Ă contrebalancer âun manqueâ.
Sâagit-il dans ce cas prĂ©cis oĂč lâon partage un temps et un lieu avec des enfants dans le cadre dâun atelier quâon a proposĂ©, ou juste dâĂȘtre soi ? Sans se soucier justement de tout ce qui nâa aucun intĂ©rĂȘt pour ce temps de rencontre ? Les rĂšgles, rĂšglements, et autres âon doitâ de tout cet empilement de structures ?
Quand par exemple un enfant me chier, je rĂ©agis en tant que personne vis Ă vis dâune autre (enfant) qui me chier. Et non selon ce que le claĂ© a dĂ©cidĂ© de ce que devrait-ĂȘtre le comportement dâun animateur en telle situation.
Et les enfants comprennent trĂšs vite que sur ces temps nombre de ârĂšglesâ nâont plus sens.
Rien nâoblige lâenfant Ă participer Ă cet atelier : mais rien ne nâoblige Ă supporter tel ou tel comportement : un enfant me chier ou fait chier le groupe, bin il sâexclut de lui-mĂȘme du plaisir quâil pouvait y avoir Ă ce regroupement de personne. Point, sâagissant de lâatelier.
Je nâai jamais rencontrĂ© dâenfant qui ne comprenait pas cela : câet du rapport Ă lâautre basique de chez basique : rien ne mâoblige Ă jouer avec toi. Et toi de jouer avec moi. Si on dĂ©cide tous les deux de jouer ensemble, alors on va de soi-mĂȘme se crĂ©er des obligations, ces rĂšgles que lâon va respecter. Le temps que lâon ait envie de cette rencontre.
Quand je passe deux mois lâĂ©tĂ© avec ces mĂŽmes, matin, aprĂšs-midi et soir, il nây a nĂ©cessitĂ© dâaucune rĂšgle, dâaucun interdit, dâaucune rĂ©union, aucune organisation de ârĂ©unionâ pour que chacun puisse sâexprimer.
Câest juste de la vie. De la vie avec les autres.
Les enfants savent déjà !!! Ils ont déjà expérimenté la vie avec les autres !!!
Ce qui nâempĂȘchera pas quâils se planteront (comme tout ĂȘtre humain) et se fĂącheront avec tel ou tel, feront des gaffes⊠mais lâapprentissage est lĂ : on ne finit jamais dâapprendre ce vivre ensemble.
Il nây a que ça qui compte : je mets une table au milieu de la cour, je sors les maquillages, les tĂȘtes Ă coiffer et vient qui veut jouer !!!!
sinon, dâaccord quâon a plutĂŽt intĂ©rĂȘt Ă ne pas sâimspirer de Freinet sur un claĂ© !!! (ou toute animation dâailleurs)
Ce sont des modes de dressage inventés pour la situation de la classe !
Si ça peut ĂȘtre un âmieuxâ dans ce cadre carcĂ©rale, dans une cour dâĂ©cole, câest juste un immense âretour en arriĂšreâ.
Ce qui compte, câest ce face Ă face, cette dĂ©couverte de lâAutre, cette construction Ă plusieurs de ce qui va devenir groupe le temps dâun temps partagĂ©. Les renoncements que lâon sâoblige Ă soi-mĂȘme pour que vive ce groupe.
En laissant avant tout la possibilitĂ© Ă chacun de refuser ce vivre ensemble, de faire que lâenfant qui nâest pas vrai, qui nâa pas envie dâentrer dans le groupe, puisse le faire.
â en cours de rĂ©daction â
Shaaa a Ă©crit :
Il ne sâagit pas vraiment dâincompatibilitĂ© mais plutĂŽt du sens que pourront y trouver des enfants pendant le moment de la rĂ©crĂ©ation ; ce qui est lâĂ©lĂ©ment le plus important, il me semble, si lâon veut approcher un temps soit peu, le point de vue des âsans parolesâ vu lâinvestissement quâils peuvent mettre dans cette cour. (En sĂ©jour, lorsque le temps nâest pas une contrainte, cette forme de discussion peut avoir tout son sens.)
Tu fais bien de le mettre en gras, car effectivement câest Ă cĂŽtĂ© de ce point que jâĂ©tais passĂ©e. Un espace dâexpression formalisĂ© a t-il sa place au moment de la rĂ©crĂ©ation? Quâest-ce que ça pourrait signifier pour les enfants?
Au passage, jâavais Ă©tĂ© Ă©tonnĂ© de dĂ©couvrir lâannĂ©e derniĂšre que le terme ârĂ©crĂ©ationâ ne sâapplique pas sur les temps Clae. Ce temps dans la cour nâa pas de nom, dans mon ancien Clae il avait mĂȘme trouvĂ© un autre mot pour le remplacerâŠ
Donc, si on est dâaccord pour dire que les adultes dominent les enfants alors, quel est un ou le moyen pour faire Ă©voluer ce rapport ? Si jâĂ©tais de mauvaise foi (:-D), je dirais : âen se tenant Ă distanceâ, dans une âprĂ©sence procheâ
Se tenir Ă distance tout en Ă©tant prĂ©sente, je pense que câest la position que jâessaie de tenir lors de mes activitĂ©s et sur les autres temps. JusquâĂ maintenant, jâai lâimpression que ce positionnement Ă tendance Ă aggraver le rapport de domination adulte/enfant Ă lâĂ©chelle du Clae. Comme si les autres anims cherchaient Ă contrebalancer âun manqueâ.
Mais peut-ĂȘtre que ça nâest pas ça lâimportant. Au contraire les enfants peuvent ainsi faire lâexpĂ©rience de diffĂ©rents fonctionnements, diffĂ©rentes relations, peut-ĂȘtre que câest ça le principal.
Donc, si on est dâaccord pour dire que les adultes dominent les enfants alors, quel est un ou le moyen pour faire Ă©voluer ce rapport ? A lâĂ©chelle du Clae? Il y en a peut-ĂȘtre pasâŠ
âtravaille et tais-toiâ un chouette mot dâordre!
Un bon enfant est un enfant productif, qui ne contredit jamais lâadulte, qui se soumet.
Câest valable aussi pour les animateurs, travaille et tais-toi, estime-toi heureux que je tâemploie, sois productif.Si vous arrivez Ă combattre ça depuis votre place dâanimateur, dites-nous commentâŠ
Je suis assez dâaccord avec ce que tu dis. Quant Ă combattre ça, pour le moment, bha je crois que je vais devoir me rĂ©soudre Ă ne pas changer le monde (enfin le Clae) et plutĂŽt Ă changer mon rapport au monde (enfin aux enfants).
Shaaa a Ă©crit :
Pour alimenter le dĂ©bat, un texte de Judit Vari sur les âNĂ©gociations en centre de vacancesâ.http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/agora_1268-5666_2004_num_35_1_2155
On retrouve nos rĂ©flexions notamment sur le contrĂŽle de la parole et de lâexpression (au-delĂ de celui du corps) dans les situations plus ou moins formalisĂ©es. Finalement, oĂč se dĂ©roule les nĂ©gociations ? đ
Je ne lâai lu quâune fois, mais il est trĂšs intĂ©ressant ce texte. Ăa me parle cet apprentissage de lâautocontrole (du corps, des Ă©motions), le lien entre la parole et le corps, le fait que la discipline militaire ait inspirĂ© la discipline scolaire, ces objectifs de contrĂŽler les corps et les espaces (ces fameux cadres qui ne cessent de me questionner). LâintĂ©rĂȘt de la nĂ©gociation et du conflit. La formalisation qui entraine une perte de spontanĂ©itĂ© et empĂȘche la vraie nĂ©gociation entre individus.
Je me souviens, lâannĂ©e derniĂšre les instits qui sâinspiraient de Freinet (je crois, je ne sais dĂ©jĂ plusâŠ) avaient mis en place un Grand Conseil obligatoire tous les vendredi matins. Les enfants me disaient souvent Ă quel point câĂ©tait âtrop chiantâ et que de toute façon ce quâils proposaient (comme lâachat dâun ballon) Ă©tait refusĂ©. De plus, seuls les meilleurs Ă©lĂšves, ceux qui avaient une ceinture gradĂ©e, avaient le droit de mener le conseil.
Ce nâest vraiment pas de ce genre de conseils, qui compriment tous dĂ©sirs dâexpression, que je souhaite mâinspirer (enfin si je continue Ă rĂ©flĂ©chir Ă cet espace dâexpression malgrĂ© tous les vents contraires :-D).
ludou a Ă©crit :
une petite note positive tout de mĂȘme : parmi les personnes que lâon peut croiser en stage BAFA ou BAFD, la plupart dâentre eux est consciente (ou le devient) des enjeux des acm. Il y a mĂȘme un niveau de rĂ©flexion qui me bluff toujours. Les personnes sont compĂ©tentes, il suffit de leur permettre de le montrer et de le partagerâŠ
Comment fais-tu pour leur permettre de montrer leur compétence?
Espace formel, informel?
Dommage quâensuite beaucoup dâentre elles nâosent pas sâopposer aux rĂšgles Ă©tablies dans un Clae et vont contre leurs propres principes.
Shaaa a Ă©crit
En parlant de Bafa, ça me rappelle que quelquâun(e) devait passer le sien⊠đ
Tout Ă fait mais en fait non đ A priori je vais mâinscrire pour le CQP en dĂ©but dâannĂ©e prochaineâŠMais quand je vois comment ça stresse certains de mes collĂšgues qui le passent en ce moment, ça me donne pas envie.
lejoueur27, si la trĂšs grande majoritĂ© des formateurs Bafa lisaient et, a fortiori, des revues scientifiques (ou Ă visĂ©e), ça se saurait. đ
(Ă tout hasard : par ici, par lĂ et encore ici)
En parlant de Bafa, ça me rappelle que quelquâun(e) devait passer le sien⊠đ
une petite note positive tout de mĂȘme : parmi les personnes que lâon peut croiser en stage BAFA ou BAFD, la plupart dâentre eux est consciente (ou le devient) des enjeux des acm. Il y a mĂȘme un niveau de rĂ©flexion qui me bluff toujours. Les personnes sont compĂ©tentes, il suffit de leur permettre de le montrer et de le partager⊠đ
allez, je file en veillĂ©e conte đ
Ce document devrait ĂȘtre prĂ©senter dans toutes les rĂ©unions dâanim pour pourvoir dĂ©battre car il dĂ©montre que les acm pourrait sâamĂ©liorer si on prenait en compte rĂ©ellement la parole de lâenfant et surtout il permettrait
de rĂ©flĂ©chir sur les moyens Ă mettre en place pour que les enfants puissent sâexprimer. Car pour lâinstant il y a la boite Ă idĂ©es les forums de maniĂšre formelle .
Ce document dĂ©montre aussi que les temps informels sont importants Ă condition quâon veuille bien se donner la peine de prendre son temps pour discuter au lieu de penser que durant ce temps lâanimateur doit se reposer
merci Shaaa, câĂ©tait justement lâobjet du jour avec les stagiaires bafa đ
Pour alimenter le dĂ©bat, un texte de Judit Vari sur les âNĂ©gociations en centre de vacancesâ.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/agora_1268-5666_2004_num_35_1_2155
On retrouve nos rĂ©flexions notamment sur le contrĂŽle de la parole et de lâexpression (au-delĂ de celui du corps) dans les situations plus ou moins formalisĂ©es. Finalement, oĂč se dĂ©roule les nĂ©gociations ? đ
GĂ©rer ça dans le cadre du travail dâanimateur ou de directeur, bon courage. On est soumis Ă quelques maĂźtres âĂ©lusâ qui dĂ©cident tout Ă notre place.
Tout est fait pour soumettre les enfants, les rendre obéissants.
âtravaille et tais-toiâ un chouette mot dâordre!
Un bon enfant est un enfant productif, qui ne contredit jamais lâadulte, qui se soumet.
Câest valable aussi pour les animateurs, travaille et tais-toi, estime-toi heureux que je tâemploie, sois productif.
Si vous arrivez Ă combattre ça depuis votre place dâanimateur, dites-nous commentâŠ
dâautres pourraient aussi envisager de renverser le rapport et de se laisser dominer par lâenfant (encore que, câest purement thĂ©orique). Sur cette base, nombre de rĂ©action que lâon connaĂźt encore en amalgamant lâenfant-roi ou lâenfant-tyran Ă lâenfant âlibreâ (je mets Ă©videmment de gros guillemets).
Einstein avait un peu les mĂȘmes doutes que vous concernant la notion de libertĂ©. Il lâassociait toujours Ă un autre mot (libertĂ© dâexpression politique, libertĂ© de dĂ©placement sans contrĂŽle, etcâŠ). La libertĂ© seule, câest un peu comme lâĂ©galitĂ© seule (ne parlons pas de la fraternitĂ©). Bref, je mâĂ©gareâŠ
Vegeteuse a Ă©crit :
Shaaa a Ă©crit :
Quand mĂȘme, je crois quâil ne faut pas sâillusionner de trop.Vous mâavez fait perdre toutes mes illusions đ
Nonon, tu rĂ©sistes encore. đ
Qui plus est, lâentre-enfants disposent aussi de ses codes, normes, rites⊠qui se construisent sur ce quâils comprennent du monde adulte et de ce quâils en expĂ©rimentent. Parfois, ses rĂšgles sont amorales et peuvent valorisĂ©es la sĂ©grĂ©gation des sexes, la supĂ©rioritĂ© du plus fort ; Ă lâimage de notre sociĂ©tĂ© quâils cĂŽtoient, de fait⊠Passage nĂ©cessaire et/ou expĂ©riences Ă discuter ?
Finalement, une certaine non-intervention scolaro-Ă©ducative vise tout de mĂȘme une visĂ©e Ă©mancipatrice des personnes. Ce qui est, somme toute, un beau paradoxe. đ
Je suis tout Ă fait dâaccord avec ce que tu dis concernant les bienfaits de la non-intervention dans ce que peuvent expĂ©rimenter les enfants. Leur laisser vivre les choses, mĂȘme les conflits, surtout finalement les conflits.
Est-ce que ce qui pose problĂšme pour toi, dans le fait de crĂ©er un espace de paroles, est quâil sâagit dâune intervention adulte dans cette expĂ©rimentation? Mais ne peut-on crĂ©er un espace oĂč la parole sera prise en compte sans ĂȘtre jugĂ©e? Et qui nâenlĂšve pas par ailleurs ce qui peut sâexprimer autrement, pas dâautres biais, dans dâautres lieux ?
Ce nâest pas tant de ta capacitĂ© dâĂ©coute empathique que je doute mais de la rĂ©action des autres adultes et donc institutionnelle qui, au mieux, nâĂ©coutera ni ne rĂ©pondra ou, au pire, la rĂ©cupĂ©rera ou la tournera en dĂ©risionâŠ
Sâattacher au point de vue des enfants est important pour comprendre leur rapport au monde, donc Ă lâĂ©cole, Ă la rĂ©crĂ©, au loisir⊠Cela dit, ce point de vue ne passe pas toujours par une parole, une âconscientisation verbalisĂ©eâ de leurs enviesâŠ
LĂ câest peut-ĂȘtre mon penchant pour la psychanalyse qui sâexprime mais je trouve que la parole nâest pas quâune conscientisation verbalisĂ©e, il y a beaucoup plus qui sây joue (justement dans son rapport Ă lâautre, au mondeâŠ) en particulier des choses inconscientes. Les enfants ont un rapport Ă la parole trĂšs riche et intĂ©ressant, et diffĂ©rent des adultes.
Ăa peut passer par une observation de leurs activitĂ©s, de leurs attitudes, une attention Ă leurs Ă©changes et Ă leurs interactions corporelles (silencieuses).
Je suis dâaccord mais, comme je disais Ă Moilapa, je ne suis pas sure de comprendre en quoi lâun empĂȘche lâautre ?
Disons que ce qui peut faire sens pour toi ne fera peut-ĂȘtre pas sens pour eux (jâen ai encore eu des exemples rĂ©cemment). Au regard de leur point de vue, est-ce que la forme dâune rĂ©union collective oĂč ils seront invitĂ©s Ă verbaliser est la plus sensĂ©e ?
Ă lâextrĂȘme, tous les enfants seront obligĂ©s de participer, dây exprimer un point de vue, de voter⊠et ça sâappelle encore ârĂ©union dâenfantsâ (ou âdĂ©mocratieâ :-D). De lâautre, on peut effectivement avoir une animatrice qui aura les oreilles qui traĂźnent et, sans pour autant discuter, peut installer des jeux ou, suite Ă discussions avec le groupe prĂ©sent, construira quelque chose avec⊠au jour le jour (les autres enfants sâaffairant Ă leurs occupations).
Il ne sâagit pas vraiment dâincompatibilitĂ© mais plutĂŽt du sens que pourront y trouver des enfants pendant le moment de la rĂ©crĂ©ation ; ce qui est lâĂ©lĂ©ment le plus important, il me semble, si lâon veut approcher un temps soit peu, le point de vue des âsans parolesâ vu lâinvestissement quâils peuvent mettre dans cette cour. (En sĂ©jour, lorsque le temps nâest pas une contrainte, cette forme de discussion peut avoir tout son sens.)
(et trÚs sincÚrement, je crois que la liberté est une notion un peu vide mais ça nous engagerait dans un long débat⊠:-D)
Mais ça serait pas inintĂ©ressant, dâautant que je te suis complĂštement ; ceci dit le concept phare:-D de cet espace dâexpression Ă©tait la dĂ©mocratie que jâai tendance Ă associer davantage au pouvoir (enfin dans ce contexte Ă un contre-pouvoir) quâĂ la notion de libertĂ©.
(spiderman mâa tuer ) đ
Si on parle de pouvoir, dâaccord. On est bien sur des rapports de domination quâil convient de mettre Ă jour et de remettre en question (si tant est quâils nous dĂ©rangent :-D).
Donc, si on est dâaccord pour dire que les adultes dominent les enfants alors, quel est un ou le moyen pour faire Ă©voluer ce rapport ? Si jâĂ©tais de mauvaise foi (:-D), je dirais : âen se tenant Ă distanceâ, dans une âprĂ©sence procheâ dont on parlait sur un autre sujet (ici et lĂ .).
Shaaa a Ă©crit :
Quand mĂȘme, je crois quâil ne faut pas sâillusionner de trop.
Vous mâavez fait perdre toutes mes illusions đ
Qui plus est, lâentre-enfants disposent aussi de ses codes, normes, rites⊠qui se construisent sur ce quâils comprennent du monde adulte et de ce quâils en expĂ©rimentent. Parfois, ses rĂšgles sont amorales et peuvent valorisĂ©es la sĂ©grĂ©gation des sexes, la supĂ©rioritĂ© du plus fort ; Ă lâimage de notre sociĂ©tĂ© quâils cĂŽtoient, de fait⊠Passage nĂ©cessaire et/ou expĂ©riences Ă discuter ?
Finalement, une certaine non-intervention scolaro-Ă©ducative vise tout de mĂȘme une visĂ©e Ă©mancipatrice des personnes. Ce qui est, somme toute, un beau paradoxe. đ
Je suis tout Ă fait dâaccord avec ce que tu dis concernant les bienfaits de la non-intervention dans ce que peuvent expĂ©rimenter les enfants. Leur laisser vivre les choses, mĂȘme les conflits, surtout finalement les conflits.
Est-ce que ce qui pose problĂšme pour toi, dans le fait de crĂ©er un espace de paroles, est quâil sâagit dâune intervention adulte dans cette expĂ©rimentation? Mais ne peut-on crĂ©er un espace oĂč la parole sera prise en compte sans ĂȘtre jugĂ©e? Et qui nâenlĂšve pas par ailleurs ce qui peut sâexprimer autrement, pas dâautres biais, dans dâautres lieux ?
Sâattacher au point de vue des enfants est important pour comprendre leur rapport au monde, donc Ă lâĂ©cole, Ă la rĂ©crĂ©, au loisir⊠Cela dit, ce point de vue ne passe pas toujours par une parole, une âconscientisation verbalisĂ©eâ de leurs enviesâŠ
LĂ câest peut-ĂȘtre mon penchant pour la psychanalyse qui sâexprime mais je trouve que la parole nâest pas quâune conscientisation verbalisĂ©e, il y a beaucoup plus qui sây joue (justement dans son rapport Ă lâautre, au mondeâŠ) en particulier des choses inconscientes. Les enfants ont un rapport Ă la parole trĂšs riche et intĂ©ressant, et diffĂ©rent des adultes.
Ăa peut passer par une observation de leurs activitĂ©s, de leurs attitudes, une attention Ă leurs Ă©changes et Ă leurs interactions corporelles (silencieuses).
Je suis dâaccord mais, comme je disais Ă Moilapa, je ne suis pas sure de comprendre en quoi lâun empĂȘche lâautre ?
Si une troisiĂšme voie est âjouableâ, ce serait plutĂŽt dâĂȘtre une porte-parole de ce âpoint de vueâ soit en rĂ©union
Oui, peut-ĂȘtre.
(et trÚs sincÚrement, je crois que la liberté est une notion un peu vide mais ça nous engagerait dans un long débat⊠:-D)
Mais ça serait pas inintĂ©ressant, dâautant que je te suis complĂštement ; ceci dit le concept phare:-D de cet espace dâexpression Ă©tait la dĂ©mocratie que jâai tendance Ă associer davantage au pouvoir (enfin dans ce contexte Ă un contre-pouvoir) quâĂ la notion de libertĂ©.
Ăa me fait penser Ă un collĂšgue qui mâa dit âAttention cependant car :
(spiderman mâa tuer ) đ
Quand mĂȘme, je crois quâil ne faut pas sâillusionner de trop. Lâentre-enfants se produit nĂ©cessairement dans un contexte rĂ©gi par les adultes qui, plus ou moins, volontairement, se mettent en retrait durant un temps trĂšs court. CĂŽtĂ© loisirs, soit on le rĂ©duit Ă une portion ridicule (exemple, le âtemps libreâ en centre de loisirs), soit on lâĂ©tend Ă son paroxysme (ce qui pourrait ĂȘtre le terrain dâaventure, le parc ou la rue) mais ces lieux comportent tout de mĂȘme des rĂšgles. Qui plus est, lâentre-enfants disposent aussi de ses codes, normes, rites⊠qui se construisent sur ce quâils comprennent du monde adulte et de ce quâils en expĂ©rimentent. Parfois, ses rĂšgles sont amorales et peuvent valorisĂ©es la sĂ©grĂ©gation des sexes, la supĂ©rioritĂ© du plus fort ; Ă lâimage de notre sociĂ©tĂ© quâils cĂŽtoient, de fait⊠Passage nĂ©cessaire et/ou expĂ©riences Ă discuter ?
Finalement, une certaine non-intervention scolaro-Ă©ducative vise tout de mĂȘme une visĂ©e Ă©mancipatrice des personnes. Ce qui est, somme toute, un beau paradoxe. đ
Sâattacher au point de vue des enfants est important pour comprendre leur rapport au monde, donc Ă lâĂ©cole, Ă la rĂ©crĂ©, au loisir⊠Cela dit, ce point de vue ne passe pas toujours par une parole, une âconscientisation verbalisĂ©eâ de leurs envies⊠Ăa peut passer par une observation de leurs activitĂ©s, de leurs attitudes, une attention Ă leurs Ă©changes et Ă leurs interactions corporelles (silencieuses). De ce que jâen sais, les dĂ©cisions de jouer se font trĂšs majoritairement sur le moment en fonction de la situation et ce quâelle comporte Ă part pour celles et ceux qui forment un groupe restreint soudĂ© et qui ne jouent quâĂ un ou deux jeux.
En plus, il faut bien avoir en tĂȘte que, pour la (trĂšs grande) majoritĂ© des adultes, la parole des enfants nâa pas de valeur⊠Si une troisiĂšme voie est âjouableâ, ce serait plutĂŽt dâĂȘtre une porte-parole de ce âpoint de vueâ soit en rĂ©union soit en installant et amĂ©nageant des espaces pour jouer qui rĂ©pondent, alimentent, prolongent des intĂ©rĂȘts observĂ©s du moment, de lâĂ©poque (il y a souvent une saisonnalitĂ© dans les jeux pratiquĂ©s). Ensuite, tu connais certainement les voies de traverse, les rouages qui permettent dâobtenir du matĂ©riel, des autorisations ou les justifications qui ouvriront les portes. Pas eux.
Ce qui Ă©viterait peut-ĂȘtre une mystification pour eux et une dĂ©sillusion pour lâanimatrice, a priori. :titille:
(et trÚs sincÚrement, je crois que la liberté est une notion un peu vide mais ça nous engagerait dans un long débat⊠:-D)
moilapa a Ă©crit :
je ne sais pas si tu vois qui sont ces gamines (surtout si tu es chez les grands) mais jâavais beaucoup de tendresse pour ce cĂŽtĂ© âon nâa besoin de personne dâautresââŠ
Il y a un groupe de CE2 exactement comme tu dĂ©cris ; les CP, CE1, jâen croise pourtant pas mal mais je les ai moins repĂ©rĂ©s.
sinon, comme il est risible que ces adultes paumĂ©s, soumis, puissent prĂ©tendre parler de libertĂ© Ă ces mĂŽmes⊠qui eux ne sont pas aussi naĂŻfs quâon pourrait le croire. Sur ces adultes si prompt Ă baisser la queueâŠ
Ah mais tous les anims ne sont pas paumés, a mon sens les pires sont au contraire ceux qui restent droits dans leurs bottes.
En tous cas, dans ma logique (tordue peut-ĂȘtre) câest exactement pour que le Clae soit obligĂ© de prendre en compte la parole de lâenfant que jâai voulu mettre en place cet espace. Pour Ă©viter que les dĂ©cisions soient prises plus ou moins entre anim, sans demander lâavis aux enfants.
Lâobjectif nâĂ©tait pas du tout leur parler de libertĂ© mais de leur offrir un espace de parole libre oĂč il pourrait dire ce quâils souhaitent au ClaĂ© (pas Ă moi en tant quâanimatrice, au ClaĂ© en tant quâinstitution).
Jâai pas besoin de ça pour que les enfants parlent ! Jâai pas besoin de ça pour Ă©couter !
Cette parole, elle survient partout, tout le temps : il suffit juste dâĂ©couter, de mettre en place ce rapport Ă lâautre, cette façon dâĂȘtre qui rend vivante la parole !
Je ne dis pas du tout le contraire. Mais mettre en place un temps et un espace de parole contredit-il le fait dâĂȘtre Ă lâĂ©coute en tant quâanimateur? Les deux me semblent possibles, et lâinterlocuteur pas vraiment le mĂȘme (dans un cas lâanim dans lâautre le ClaĂ©).
Dans le cas dâun enfant violent, je passerais plus dâĂ©nergie Ă mettre en place le temps dans lequel il se retrouverait, prendrait du plaisir, pourrait ĂȘtre lui, jouerâŠque de la prendre entre quatre yeux pour lui expliquer âquâil est mal deâ⊠Ce qui demande des compĂ©tences bien au delĂ des capacitĂ©s de la trĂšs grande majoritĂ© des animâ⊠il leur reste alors ce rĂŽle de gueulardâŠ
Heureusement dans ce ClaĂ©, il nây a pas trop de gueulards (par Ă rapport Ă ce que jâai vĂ©cu lâannĂ©e derniĂšre).
Finalement tes mots ne sont pas trĂšs loin de ceux que jâai entendu en rĂ©union la semaine derniĂšre : Ă savoir que les enfants qui posent problĂšme doivent ĂȘtre le plus souvent possible âen activitĂ©, Ă jouer, occupĂ©s Ă faire quelque chose qui leur plait ( et il vrai que ces enfants apprĂ©cient beaucoup les activitĂ©s dâun animatrice en particulier qui fait de la gym, du hip hopâŠ) plutĂŽt quâĂ trainer librement dans la cour et provoquer des conflitsâ .
Mais je sais que ce nâest pas du tout ce que tu as voulu dire, car ce que sous entend ces paroles câest que la libertĂ© (dĂ©bridĂ©e â sans adulte superviseur) est dangereuse et source de conflits et lâadulte â bridant source de stabilitĂ©âŠ
Ou comment Ă partir de mots presque semblables, les logiques divergent radicalement.
En rĂ©union, câest dĂ©primant tous ces raccourcies, ces liens de causes Ă effets indĂ©boulonnables, le manque dâarticulations ou au contraire les articulations qui pervertissent les propos.
La parole des enfants nâest pas aussi crĂ©tine, on nâa pas de leçon Ă leur donner la dessus. Alors ne mĂ©rite t-elle pas dâĂȘtre reconnu au sein du Clae? dâavoir sa place dans les rĂ©unions? De contrebalancer celle des adultes?
Je pense que âdonner du pouvoir Ă lâenfantâ dans cette situation, câest lui foutre la paix, ĂȘtre lĂ quand il a besoin de lâadulte (et encore, avec parcimonie) câest lui permettre de vivre cet entre-enfant, dâavoir une vie sociale, de faire lâexpĂ©rience de la vie avec les Autres sans un Dieu au dessus de sa tĂȘte, un ĂȘtre omniprĂ©sent, omniscient, qui lui dit ce quâest la dĂ©mocratie, qui empĂȘche les querelles, qui tranche les conflitsâŠ
Je suis dâaccord avec toi, mĂȘme si pour moi lâun nâempĂȘche pas lâautre (Ă cet instant de ma rĂ©flexion, ça peut changer trĂšs vite :-D).
En tous cas merci pour vos interventions, ça me permet dâavancer.
Je continue plus tard
Comment pourraient-ils se lever contre une institution alors que des adultes (les animateurs, les instituteurs), censĂ©s avoir plus de pouvoirs, nâarrivent pas Ă la faire bouger dâun iota et se la prennent eux-mĂȘme en pleine tronche tous les jours?
Il ne sâagit pas pour les enfants de se ârĂ©volterâ : dans le cas du claĂ©, participer aux activitĂ©s est optionnelle (en tout cas pour lâinstant et dans la majoritĂ© des lieux) : lâenfant a donc cette possibilitĂ© de refuser de se coltiner lâadulte.
Sur cette Ă©cole (Ă moins quâen quelques mois les choses ont changĂ© dâune façon dramatique, et que les enfants soient tout dâun coup devenu accroc aux adultes) tu as par exemple le groupe des petites blondes insĂ©parables (elles doivent ĂȘtre en ce1 cette annĂ©e) qui arrivent dans la cour, jouent entre elles, puis vont se ranger pour aller manger, se mettent Ă une table sans adulte, rangent leurs plateaux puis retournent jouer entre elles dans la cour⊠Elles ne demandent rien Ă personne, peuvent ĂȘtre malheureuses quand elles se retrouvent exclus de ce groupe⊠mais elles vivent leur vie sans rien devoir aux adultes : elles vivent leur vie dâenfants, expĂ©rimentent⊠je ne sais pas si tu vois qui sont ces gamines (surtout si tu es chez les grands) mais jâavais beaucoup de tendresse pour ce cĂŽtĂ© âon nâa besoin de personne dâautresââŠ
A part de passer devant lâanimâ qui est aux fiches Ă retourner Ă lâentrĂ©e de la cantine, elles ont cette possibilitĂ© de refuser lâadulte durant ce temps qui leur appartient.
Et je ne crois pas que les adultes-animateurs aient lĂ plus de pouvoir ici ! Parce que les adultes sont sous contrat, se doivent de⊠et de⊠et pour la majoritĂ© croient quâils doivent produire vis Ă vis de leurs supĂ©rieurs hiĂ©rarchiquesâŠ
Ce nâest pas un espace de libertĂ© pour les animâ ! A moins quâils ne se libĂšrent de toute contingence en rapport avec un quelconque contrat. Quâils se dĂ©fassent de toutes ces obligations institutionnelles inutiles au vivre ensemble.
sinon, comme il est risible que ces adultes paumĂ©s, soumis, puissent prĂ©tendre parler de libertĂ© Ă ces mĂŽmes⊠qui eux ne sont pas aussi naĂŻfs quâon pourrait le croire. Sur ces adultes si prompt Ă baisser la queueâŠ
Et justement peut-ĂȘtre que de parler, dâĂ©changer permet de mieux cerner les injustices, la violence, de mettre des mots dessus, non?
Et alors ? Tâas besoin dâinstitutionnaliser un temps et un espace pour ça ?
De mon point de vue, avoir cela en esprit, câest dĂ©jĂ en Ă©chec : comme peut lâĂȘtre sur une colo des rĂ©unions institutionnelles programmĂ©es pĂ©riodiquement pour savoir âoĂč on en estâ ! Mais câest dĂ©jĂ faire lâaveux dâun Ă©chec !
Jâai pas besoin de ça pour que les enfants parlent ! Jâai pas besoin de ça pour Ă©couter !
Cette parole, elle survient partout, tout le temps : il suffit juste dâĂ©couter, de mettre en place ce rapport Ă lâautre, cette façon dâĂȘtre qui rend vivante la parole !
Dans le cas dâun enfant violent, je passerais plus dâĂ©nergie Ă mettre en place le temps dans lequel il se retrouverait, prendrait du plaisir, pourrait ĂȘtre lui, jouer⊠que de la prendre entre quatre yeux pour lui expliquer âquâil est mal deâ⊠Ce qui demande des compĂ©tences bien au delĂ des capacitĂ©s de la trĂšs grande majoritĂ© des animâ⊠il leur reste alors ce rĂŽle de gueulardâŠ
â⊠pourtant je nâai pas lâimpression de nuire Ă lâentre-enfant en essayant de leur donner un peu plus de pouvoir dans ce claeâ
Je pense que âdonner du pouvoir Ă lâenfantâ dans cette situation, câest lui foutre la paix, ĂȘtre lĂ quand il a besoin de lâadulte (et encore, avec parcimonie) câest lui permettre de vivre cet entre-enfant, dâavoir une vie sociale, de faire lâexpĂ©rience de la vie avec les Autres sans un Dieu au dessus de sa tĂȘte, un ĂȘtre omniprĂ©sent, omniscient, qui lui dit ce quâest la dĂ©mocratie, qui empĂȘche les querelles, qui tranche les conflitsâŠ
LĂ est la libertĂ© pour lâenfant-Ă©lĂšve en situation dâĂ©cole.
La seule limite, câest la violence exercĂ©e par un enfant sur un autre enfant (et non un adulte) dans la mesure oĂč lâenfant agressĂ© est en difficultĂ©, nâest pas mesure de se dĂ©fendre dâune façon ou dâune autreâŠ
Mais dans cette espace de libertĂ©, peut ĂȘtre quâun peu plus de âjeuâ, de âsurpriseâ, permettrait Ă ses enfants âcogneursâ de faire une autre expĂ©rience de lâautre⊠avec ces animateurs claĂ©, il nây a mĂȘme pas cette possibilitĂ© lĂ âŠ
Je vais reprendre le mĂȘme exemple, dâune situation oĂč cette violence ne viendrait mĂȘme pas Ă lâesprit des gamins, mais durant les deux mois dâĂ©tĂ©, je nâai pas Ă faire Ă la police (avec les enfants) , chaque Ă©tĂ©, Ă©tĂ© aprĂšs Ă©tĂ©âŠ.
Ici (ce claĂ©) la violence est logique !!!! Tout est rĂ©uni pour quâil y ait violence !!!
On peut crĂ©er cet espace artificiel oĂč cette violence est Ă la porte dâun temps, dâun atelier avec tel adulte⊠cela changera t-il quelque chose au âreste du tempsâ ? Je mâen fiche. Je sais juste que ce que je suis, la façon dont je suis avec les autres (les enfants) fait que cette violence est absente durant ces temps âsuspendusâ. Câest dĂ©jĂ pas mal Ă offrir Ă ces enfants sur cette Ă©cole.
Bien entendu que câest trĂšs limitĂ© : Ă ma petite personne qui ne va faire aucun geste envers mes collĂšgues possiblement en difficulté⊠peu mâimporte : peu mâimporte⊠Je ne suis pas responsable de cette situation de violence, de ce que ces adultes paumĂ©s soient sur des Ă©coles, de ce que ces adultes sont en difficultĂ©s, de ce que ces enfants ballotĂ©s soient en difficulté⊠je ne prĂ©tends rien changĂ©, je ne prĂ©tends rien sâagissant de ce que mes actions pourraient apporter âdans un futur hypothĂ©tiqueâŠ
Je sais juste que la situation suspendue du jeu permet beaucoup de choses, notamment de faire taire la violence un temps⊠Ca me suffit. Parce que je crĂ©e un temps (mĂȘme articificelle mais aprĂšs tout dans une situation artificelle) de âpaixââŠ
Mais quâelle sera la portĂ©e effective ? Difficile Ă dire sans avoir essayer.
Et si on sâen foutait ? Et siil Ă©tait impossible de dire ce qui sera ? Ce quâil en adviendra ? Ce que les enfants en retiendront ? Ce que chacun intĂ©grera Ă celui est et sera ?
Câest comme avec les jeux : Ă quoi chercher Ă dĂ©finir ce que tel ou tel moment apportera aux participants ? Quel intĂ©rĂȘt ? Le jeu ne se suffit-il pas Ă lui-mĂȘme ? Ce temps partagĂ©, ce vivre ensemble, dont personne ne peut dire ce que chacun en retiendra⊠en fera ou pasâŠ
Quây a t-il dâautre au dessus de ce simple temps de jeu partagĂ© ?
Quand jâarrive en claĂ©, je nâai quâune idĂ©e en tĂȘte : mâamuser. Avec ceux qui seront lĂ et voudront partager du temps, du jeu..
tout ce qui peut gĂȘner ce plaisir Ă la rencontre, au vivre ensemble, au jeu partagĂ©, est Ă combattre.
Avec ces deux seules idées, le claé devient un plaisir. Ce métier est un kif total.
il nây a aucun objectif au dessus de celui lĂ .
Sâagissant de la violence des enfants sur cette Ă©cole, elle est lĂ©gitime, elle est normale. Et ce sont les adultes qui en sont responsables. Et dâaccord que ce sont les enfants les plus en difficultĂ©s qui posent le plus de problĂšme ici⊠Et effectivement certains de ces enfants sont trĂšs dures⊠il nây a pas de doute la dessusâŠ
En mĂȘme temps, ces enfants mettent en difficultĂ© les adultes eux-mĂȘmes en difficultĂ©. La situation ne doit pas ĂȘtre si dĂ©sespĂ©rĂ©e parce que quand ces 4 ou 5 mis dans une situation âsereineâ, oĂč ils nâont pas besoin de tenir le rĂŽle qui leur a Ă©tĂ© attribuĂ©, ils ne posent pas problĂšme⊠(Ă une exception clinique, un gamin qui nâa plus rien Ă faire dans un cursus ânormalââŠ)
Vouloir guĂ©rir tous ces blessures, câest juste impossible, irraisonnable. Par contre, on peut crĂ©er au sein mĂȘme de ce qui pourrait paraĂźtre lâendroit le plus âsauvageâ (cette grande cour de rĂ©crĂ©) des petits âĂźlotsâ âhorsâ de cette violence subie. OĂč les rĂšgles sont autres, oĂč aucun de ces enfants dures nâaurait lâidĂ©e de venir jouer son rĂŽle de perturbateur⊠Ca, on peut lâoffrir Ă des enfants qui nâont pas forcĂ©ment envie de jouer les punching-ball, mais surtout Ă ces mĂŽmes Ă la dĂ©riveâŠ
Dans une structure Ă taille âplus humaineâ ces enfants âdifficilesâ seraient sans doute moins problĂ©matiquesâŠ.
Comme dĂ©jĂ dit, on mettrait des rats dans la mĂȘme situation, on obtiendrait le mĂȘme rĂ©sultatâŠ
Câes trĂšs brouillon, absolument pas ordonnĂ©, mais je vais ĂȘtre limitĂ© par le temps de rĂ©daction dâun post⊠mais mĂȘme bordĂ©lique, ça dit âlâĂ©tat dâespritâ qui est le mien quand je vais sur ces cours dâĂ©cole⊠Avec cette seule idĂ©e de crĂ©er de la surprise, du jeu, de lâinattendu, de faire en sorte que les enfants se demandent ce quâil va se passer entre midi et deux sur leur Ă©cole le lendemain, et puis le lendemain, y compris pour lâenfant qui sâest fait dĂ©truire par son maĂźtre ou sa maĂźtresse dans la matinĂ©e, comme chaque matinĂ©eâŠ
Rien de plus.
Ce mĂ©tier, ce nâest que du plaisirâŠ