Temps de midi

  • Ce sujet contient 367 rĂ©ponses, 21 participants et a Ă©tĂ© mis Ă  jour pour la derniĂšre fois par Vegeteuse, le il y a 9 annĂ©es et 8 mois.
20 sujets de 1 Ă  20 (sur un total de 368)
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  • #31036
    Vegeteuse
      @vegeteuse

      crevette76 a Ă©crit :
      J’ai commencĂ© un fil Ă  propos de mes dĂ©buts Ă  moi.

      Je vais suivre ça de prÚs.

      Tu nous donnes des news toi ?
      Toujours sur la grosse Ă©cole oĂč ça se passait mieux ?

      Oui, je commence ma deuxiĂšme annĂ©e dans cette Ă©cole, ça se passe plutĂŽt bien (mieux que mes expĂ©riences prĂ©cĂ©dentes) mĂȘme s’il y a toujours des trucs pĂ©nibles, en particulier cette volontĂ© gĂ©nĂ©rale de toujours aller vers plus restrictions, plus de rĂšgles (de “cadre”), moins de libertĂ©s pour les enfants.

      Ce qui sauve cette Ă©cole, c’est qu’il y a presque 400 enfants, 22 anims et 4 directrices (et 0 “leader” qui voudrait tout prendre en main), et que la communication dysfonctionne totalement entre adultes (Balthazaar tu disais autre chose sur le fil de Crevette? 😀 ).

      Ici, on a la chance d’avoir 3 heures de rĂ©unions hebdomadaires pour l’organisation et les prĂ©pas, et 10 min de “Point Journalier” pour se passer les infos importantes du jour.

      On se parle donc beaucoup (on s’entend mĂȘme assez bien) mais dans un registre inefficace au possible. C’est assez super.

      A mon sens, ça vient du fait qu’une grosse partie des anims est peu attentive Ă  ce qui se dit et passe en rĂ©union et que les directrices ont une Ă©trange capacitĂ© Ă  faire trĂšs mal passer leur message, Ă  faire volte face pour un oui ou un non et Ă  se contredire sur tout et n’importe quoi. Du coup, nous, anims interprĂ©tons les choses comme on le comprend ou comme on veut le comprendre (pour les plus fourbes comme moi).

      Et les directrices sont totalement impuissantes, ça fait un an que la plus obstinée nous demande réguliÚrement de ne plus papoter pendant les temps de surveillance cour et cantine. Et ça fait un an que certains anims (dont une directrice) continuent à papoter tranquillement.

      Donc il ne se passe jamais rien (enfin si, mais hors cadre), ce qui se dit – dans un sens ou un autre- n’a aucune incidence, il y a comme une force supĂ©rieure qui domine ce Clae 😀 Et c’est dans ce fonctionnement qui Ă©chappe au cadre que je peux gagner en pouvoir et libertĂ© dans mon travail avec les mĂŽmes.

      De temps en temps quand mĂȘme, en particulier quand ça concerne les enfants, directrices et anims joignent leurs forces et tentent de mettre en place des projets absolument irrĂ©alistes, irrĂ©flĂ©chis et crĂ©tins (comme par exemple isoler les enfants qui ont des problĂšmes de comportement en leur imposant des activitĂ©s). Ce genre de projet se fait (heureusement) avec des anims volontaires qui s’épuisent pendant plusieurs mois Ă  mettre en place quelque chose qui va systĂ©matiquement se planter et poser plus de problĂšmes qu’il n’en rĂ©sout.

      Autre exemple, en ce dĂ©but d’annĂ©e, aprĂšs nous avoir fait visionner un film sur les bienfaits de la co-Ă©ducation (film, qui n’a rien Ă  envier Ă  une pub Kinder) certains anims ont eu l’envie de mettre en place un systĂšme de bons points, comme le font les instits, pour les enfants vertueux
 Que dire? J’ai exposĂ© mon point de vue (parfois une simple contradiction suffit Ă  tout bloquer). Mais peu importe car ça ne se fera pas.

      Dans ce contexte, j’arrive Ă  mettre en place des activitĂ©s qui m’intĂ©ressent. C’est dĂ©jĂ  beaucoup pour un ClaĂ©. C’est plus compliquĂ© quand on a besoin de quelque chose : matĂ©riels, autorisations de sortie ou des demandes un peu exceptionnelles. Comme toi ou Moilapa, je me dĂ©brouille souvent pour rĂ©cupĂ©rer les trucs dont j’ai besoin (ou je les achĂšte) et pour le reste, obstination
 Mais face Ă  du vent, l’obstination c’est pas toujours efficace 😀

      #31053
      crevette76
      Administrateur
        @crevette76

        J’ai commencĂ© un fil Ă  propos de mes dĂ©buts Ă  moi.
        Ce qui est un peu flippant (rigolo ?) c’est que je viens de reparcourir celui-ci et j’aurais pu en fait me contenter de citer des bouts de ce que tu y dis vĂ©gĂ©teuse pour situer Ă  peu prĂšs ce que j’observe et ce que je vis.

        Je ne sais pas trop si ça me rassure ou si ça m’effraie encore plus

        Ce qui est par contre couillon c’est que je pourrais inclure dans certaines citations des “erreurs à ne pas faire la prochaine fois”
 j’aurais du relire avant.

        Tu nous donnes des news toi ?
        Toujours sur la grosse Ă©cole oĂč ça se passait mieux ?

        #42815
        moilapa
          @moilapa

          Merci Crevette. Ce temps limite de post est parfois casse-couilles


          Sinon : Oui s’agissant d’Alinsky et quelques rares autres, qui me font penser que tout a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dit depuis les annĂ©es 70, dĂ©but 80

          Ces auteurs ont juste un lĂ©ger dĂ©faut : ils croient en l’ĂȘtre humain.

          Sinon, pour trouver matiĂšre Ă  objecter Ă  un systĂšme cinglĂ© façon claĂ© : revenir Ă  la dĂ©finition du mot “rĂ©crĂ©ation”, revenir Ă  ce qu’est un temps libre, libre par rapport Ă  quoi ?
          Puis au terme “loisirs” (transformation du temps libre en quelque chose forcĂ©ment !) , ce que contient le terme, notamment cette rupture avec une autoritĂ© (Marie Françoise Lafant)

          Se battre pour que reste ce terme de “loisirs” ici, puisque on ne veut pas du “vide” productif : qui se dĂ©finie par rapport au travail ! De voir ce que peut ĂȘtre ce travail des enfants. Et donc Ă  quoi ce temps rĂ©crĂ©ation s’oppose de fait !
          Revenir Ă  l’avant claĂ©, relire le dĂ©cret qui a donnĂ© naissance Ă  cette idĂ©e claĂ©, voir ce qu’il y avait dĂ©jĂ  de “vomissable” dĂ©s sa naissance.

          Que donc on parle d’un temps inactif, improductif (loirsirs)

          Qu’il faut laisser aux enfants le loisir de


          Si il y a un temps libre, c’est qu’il y a un temps non libre, etc


          En finir avec cette idĂ©e “d’éducation populaire”, soit
          prĂ©tendre “enrichir” le peuple, l’éduquer, durant son temps hors travail !!!! Savoir Ă  sa place ce qui est bien pour lui. Je chie sur cette idĂ©e, une capitalisation du temps libre ! Cette idĂ©e continue productiviste !

          DĂ©fendre au contraire l’idĂ©e de faire de ce temps libre un loisir Ă  raison de rien (puisque plus facile Ă  dĂ©fendre que le temps de friche) Et non un temps d’éducation !!!! Parce que si le travail de l’enfant c’est d’ĂȘtre Ă©duquĂ© par les adultes, l’éducation n’a pas sa place dans le loisir de l’enfant !!!

          Sinon, Ă©videmment, penser sans cette idĂ©e loisirs, si on en a les capacitĂ©s, penser rĂ©ellement “temps libre”, temps improductif.

          Sur ces questions et autres, l’intĂ©ressant : “Les Français en vacances” de Bertrand RĂ©au.

          bien entendu, en partant du principe complĂštement con qu’un animateur claĂ© soit en capacitĂ© de jongler avec ces idĂ©es


          #42828
          Shaaa
            @shaaa
            #42829
            balthazaar
              @balthazaar

              Discours blasĂ© plutĂŽt ; ok sur le sens individuel si chacun fait son petit truc dans son coin style “j’ai ma conscience pour moi” oui mais est-ce que ça joue rĂ©ellement contre l’institution qui se dĂ©veloppe en exigeant toujours plus de contrĂŽle? Je ne suis pas convaincu.

              Pourtant c’était une question intĂ©ressĂ©e, je suis vraiment intĂ©ressĂ© parce que les miennes ça marche pas spĂ©cialement fort.

              Il existe certainement des endroits oĂč il reste tout Ă  faire, il y a aussi des endroits oĂč on pense avoir enfin atteint le stade ultime de la politique jeunesse en allant vers le contrĂŽle max, vers vingt “projets d’enfants” par an, etc. Et donc lĂ -dedans si vous avez des astuces, une stratĂ©gie Ă  long terme, etc. ça m’intĂ©resse.

              #42858
              moilapa
                @moilapa

                merde
 pas le temps de me relire

                (si Crevette tu pouvais juste surligner la partie de texte que j’ai citĂ© :
                Se tenir Ă  distance tout en Ă©tant prĂ©sente, je pense que c’est la position que j’essaie de tenir lors de mes activitĂ©s et sur les autres temps. Jusqu’à maintenant, j’ai l’impression que ce positionnement Ă  tendance Ă  aggraver le rapport de domination adulte/enfant Ă  l’échelle du Clae. Comme si les autres anims cherchaient Ă  contrebalancer “un manque”.
                qui est de Végéteuse)

                Juste alors :
                Oui. Et il y aurait des loups qui danseraient avec les brebis, les pétroliers qui seraient remplis de lait à la fraise

                Je crois qu’à un moment, ‘faut arrĂȘter de “faire semblant”.
                L’enfant est la preuve du pouvoir de l’adulte.

                D’oĂč l’intĂ©rĂȘt alors : la seule chose sur laquelle il faille travailler, c’est sur soi : celui que l’on apporte Ă  ces rencontres.

                Et non un travail sur cet autre, cet enfant.
                Ces rùgles, ces interdits
 ce n’est pas à l’Autre qu’il faut les imposer !! Mais à soi !!!
                Ce n’est qu’alors que peuvent se crĂ©er des “rĂšgles” au sein d’un groupe


                comment juste par exemple tenir un discours aux enfants sur la violence quand tout le systĂšme auquel on participe est violent pour ces enfants !!!!!
                Ce seul constat permet de totalement “s’exonĂ©rer” de tout ce qui fait le claĂ©.
                De tous ces formatages, notamment ceux liĂ©s Ă  ce mĂ©tier, comme cette idĂ©e qu’il faudrait mettre en place des rĂ©unions informelles pour qu’existe la parole de l’enfant
 Comme si l’enfant attendait l’adulte pour s’exprimer


                #42859
                moilapa
                  @moilapa

                  ”L’objectif n’était pas du tout leur parler de libertĂ© mais de leur offrir un espace de parole libre oĂč il pourrait dire ce qu’ils souhaitent au ClaĂ© (pas Ă  moi en tant qu’animatrice, au ClaĂ© en tant qu’institution).”

                  Je prends un exemple sur ce claĂ© prĂ©cis : les animateurs ont eu la bonne idĂ©e de faire un “sondage” pour demander aux enfants ce qu’ils aimeraient qu’il y ait comme animation, Ă  partir du constat intĂ©ressant qu’il y a dĂ©calage entre les mĂ©dicocres propositions d’animateurs et les enfants


                  Qu’ont-ils fait de cette liste Ă©crite ? Rien. Les animateurs ont continuĂ© dans leur mĂ©diocritĂ©.

                  Un autre simple exemple : que crois-tu que ferais ces producteurs d’animations mĂ©diocres si le souhait des enfants Ă©taient juste qu’on les laisse jouer ? Qu’on leur foute la paix ?
                  Combien de ces animateurs-producteurs ne ressentiraient pas cela comme une agression, une remise en question de ce qu’ils sont en tant que producteur ? De ce qui les dĂ©finie ici, de ce qui dĂ©finie la raison de leur prĂ©sence ici ?

                  Comment veux-tu “reprendre” l’ensemble de ce qui construit chacune de ces personnes, de tout ce qui a fait ce qu’ils sont ? Tout leur passĂ©, toute leur vie, toute leur croyance crĂ©Ă©e par la sociĂ©tĂ© ? De remettre en cause ce qu’ils sont, ce qui les a construit, formatĂ©, ce en quoi ils croient ?

                  Il n’y a rien Ă  attendre des Ă©quipes d’animation sur les claĂ©. Le seul fait d’y croire tient de la naĂŻvetĂ©.


                  Mais mettre en place un temps et un espace de parole contredit-il le fait d’ĂȘtre Ă  l’écoute en tant qu’animateur


                  Un “espace de parole” ! Un “espace de parole” du point de vue de qui ?
                  Le jeu n’est-il pas le plus grand espace de parole dont dispose ces enfants en Ă©tat d’élĂšve ? de possibilitĂ© d’échappatoire provisoire ?
                  est-ce que toute autre mise en place sur cet espace déjà trÚs réduit, ne va pas réduire un peu plus cet espace-temps ?


                  Finalement tes mots ne sont pas trĂšs loin de ceux que j’ai entendu en rĂ©union la semaine derniĂšre


                  bin, je ne le voyais pas tout Ă  fait comme ça. Mais si cette violence chez certains enfants, au lieu de se tourner vers d’autres enfants, se tourne vers l’animateur qui prĂ©tend gĂ©rer l’animation oĂč la “petite terreur” se trouve, alors c’est tout bĂ©nĂšf’. VoilĂ  peut ĂȘtre un intĂ©rĂȘt Ă  la prĂ©sence d’animateurs sur des Ă©coles
 Je ne vais pas pleurer sur une animatrice ou un maĂźtre qui prennent une baigne dans la tĂȘte
 J’aurais plutĂŽt tendance Ă  m’en rĂ©jouir


                  En rĂ©union, c’est dĂ©primant tous ces raccourcies
                  Les rĂ©unions passent plus vite si on en attend rien. Ca peut ĂȘtre l’occasion de prĂ©parer ses actions auprĂšs des enfants, ne pas tenir compte de ce que racontent les uns et les autres autour de la table.

                  De contrebalancer celle des adultes?
                  Oui. Et il y aurait des loups qui danseraient avec les brebis, les pétroliers qui seraient remplis de lait à la fraise

                  Je crois qu’à un moment, ‘faut arrĂȘter de “faire semblant”.

                  L’entre-enfants se produit nĂ©cessairement dans un contexte rĂ©gi par les adultes qui, plus ou moins, volontairement, se mettent en retrait durant un temps trĂšs court
                  bien entendu. Mais peu importe la durĂ©e ! Ce qui compte, c’est que cet espace existe ! Que cela soit durant une heure de rĂ©crĂ©ation pour les enfants les plus chanceux, ou les quelques secondes passĂ©s dans le “point mort” invisible aux adultes et interdit dans telle autre Ă©cole.


                  
rites
 qui se construisent sur ce qu’ils comprennent du monde adulte

                  Mais entendu, encore une fois !!! Qui prĂ©tendraient demander aux enfants de faire ce qu’aucun adulte ne serait capable de faire ? RecrĂ©er le monde Ă  partir de rien !!!!
                  Est-ce que c’est pour cela que cet entre-enfants a moins de valeur ?
                  Il n’en a au contraire que plus. Plus qu’il s’agit alors d’une “relecture” ! Et donc la possibilitĂ© d’une critique !
                  Bien entendu que les enfants sont les pires rĂ©ac ! Mais ils sont Ă  la fois les pires dĂ©fenseurs d’un immobilisme dont ils ont besoin pour se construire, mais aussi les premiers rĂȘveurs Ă  se dispenser de toute limite.

                  Parfois, ses rĂšgles sont amorales et peuvent valorisĂ©es la sĂ©grĂ©gation des sexes, la supĂ©rioritĂ© du plus fort ; Ă  l’image de notre sociĂ©tĂ© qu’ils cĂŽtoient, de fait
 Passage nĂ©cessaire et/ou expĂ©riences Ă  discuter ?

                  Et alors ???? En quoi les enfants devraient ĂȘtre “meilleurs” que les adultes ? Bien entendu qu’ils ont ce droit d’ĂȘtre violent, d’avoir envie d’agresser sexuellement, d’aimer faire du mal !!!! Au nom de quoi ne pourraient-ils pas avoir ces envies !!!!! En quoi le “monde des enfants” devraient-ils ĂȘtre moins violent que celui des adultes ???? En quoi devraient-ils ĂȘtres des animaux diffĂ©rents des animaux adultes ?????

                  Ce qui Ă©viterait peut-ĂȘtre une mystification pour eux et une dĂ©sillusion pour l’animatrice, a priori

                  Cette mystification est inĂ©vitable sur ce type de pratique : les conseils d’enfants en colo, les Ă©lus enfants dans les mairies et autres collectivitĂ©s. A partir du moment oĂč l’adulte a des vues sur ce qui fait cette rĂ©union.
                  C’est en ça que la fameuse Ă©chelle de participation est fausse : ce degrĂ© “ultime” de la participation


                  Sinon “ne parlons pas alors de “libertĂ©â€ effectivement. Parlons juste de foutre la paix au maximum Ă  ces mĂŽmes qui n’ont pas envie d’ĂȘtre confrontĂ©s aux adultes durant LEUR rĂ©crĂ©ation. Car il s’agit bien d’une rĂ©crĂ©ation, quoi qu’on puisse en dire sur certains claĂ©. Cette “disparition” facile est justement utile Ă  justifier la main-mise adulte sur ce temps qui n’appartient plus Ă  l’enfant, et dans lequel alors tout est permis Ă  l’adulte.

                  S’agissant de cette “troisiĂšme voie possible” elle est dans l’agression constante des adultes du claĂ©.
                  Retourner la part de violence et sexualité présente dans les rapports adultes-enfants, dans toute animation, dans le rapport entre adultes.
                  Il ne s’agit pas de convaincre ses collĂšgues, il s’agit de leur donner mal au ventre Ă  l’idĂ©e de retourner travailler. Faire qu’il ressente cette violence qu’ils font subir aux enfants, que ces organisations font subir aux enfants. Et mettre en parallĂšle ces violences quand tel ou tel vient pleurnicher en rĂ©union.

                  Dans ces Ă©quipes d’animation, les rapports apaisĂ©s, c’est la preuve de la lĂąchetĂ© des participants de ces Ă©quipes. oĂč l’on prĂ©fĂšre son petit confort au soucis du ressenti des enfants.

                  2chappons à ces discours apeurés façon Balthazar :
                  GĂ©rer ça dans le cadre du travail d’animateur ou de directeur, bon courage. On est soumis Ă  quelques maĂźtres â€œĂ©lus” qui dĂ©cident tout Ă  notre place.

                  Quelque soit ces personnes, qu’à t-on Ă  perdre ?????? Rien. Au contraire, on y gagne ce plaisir Ă  faire du mal au pire. Envie de mordre, de les dĂ©zinguer au moins par la parole !
                  Si vous arrivez à combattre ça depuis votre place d’animateur, dites-nous comment

                  Mais quelle meilleur place que celui que l’animateur ! Qui n’a aucun compte à rendre ! Qui va mettre en place ce qu’il entend ! Comme animation ! Comme rapport en l’enfant !!!!
                  Qui est dans ce tĂȘte Ă  tĂȘte dans la cour ? Face aux enfants, si ce n’est l’animateur !!! Qui a rĂ©ellement ce pouvoir politique !!!!!


                  Se tenir Ă  distance tout en Ă©tant prĂ©sente, je pense que c’est la position que j’essaie de tenir lors de mes activitĂ©s et sur les autres temps. Jusqu’à maintenant, j’ai l’impression que ce positionnement Ă  tendance Ă  aggraver le rapport de domination adulte/enfant Ă  l’échelle du Clae. Comme si les autres anims cherchaient Ă  contrebalancer “un manque”.

                  S’agit-il dans ce cas prĂ©cis oĂč l’on partage un temps et un lieu avec des enfants dans le cadre d’un atelier qu’on a proposĂ©, ou juste d’ĂȘtre soi ? Sans se soucier justement de tout ce qui n’a aucun intĂ©rĂȘt pour ce temps de rencontre ? Les rĂšgles, rĂšglements, et autres “on doit” de tout cet empilement de structures ?

                  Quand par exemple un enfant me chier, je rĂ©agis en tant que personne vis Ă  vis d’une autre (enfant) qui me chier. Et non selon ce que le claĂ© a dĂ©cidĂ© de ce que devrait-ĂȘtre le comportement d’un animateur en telle situation.
                  Et les enfants comprennent trùs vite que sur ces temps nombre de “rùgles” n’ont plus sens.
                  Rien n’oblige l’enfant Ă  participer Ă  cet atelier : mais rien ne n’oblige Ă  supporter tel ou tel comportement : un enfant me chier ou fait chier le groupe, bin il s’exclut de lui-mĂȘme du plaisir qu’il pouvait y avoir Ă  ce regroupement de personne. Point, s’agissant de l’atelier.
                  Je n’ai jamais rencontrĂ© d’enfant qui ne comprenait pas cela : c’et du rapport Ă  l’autre basique de chez basique : rien ne m’oblige Ă  jouer avec toi. Et toi de jouer avec moi. Si on dĂ©cide tous les deux de jouer ensemble, alors on va de soi-mĂȘme se crĂ©er des obligations, ces rĂšgles que l’on va respecter. Le temps que l’on ait envie de cette rencontre.

                  Quand je passe deux mois l’étĂ© avec ces mĂŽmes, matin, aprĂšs-midi et soir, il n’y a nĂ©cessitĂ© d’aucune rĂšgle, d’aucun interdit, d’aucune rĂ©union, aucune organisation de “rĂ©union” pour que chacun puisse s’exprimer.
                  C’est juste de la vie. De la vie avec les autres.
                  Les enfants savent déjà !!! Ils ont déjà expérimenté la vie avec les autres !!!
                  Ce qui n’empĂȘchera pas qu’ils se planteront (comme tout ĂȘtre humain) et se fĂącheront avec tel ou tel, feront des gaffes
 mais l’apprentissage est lĂ  : on ne finit jamais d’apprendre ce vivre ensemble.

                  Il n’y a que ça qui compte : je mets une table au milieu de la cour, je sors les maquillages, les tĂȘtes Ă  coiffer et vient qui veut jouer !!!!

                  sinon, d’accord qu’on a plutĂŽt intĂ©rĂȘt Ă  ne pas s’imspirer de Freinet sur un claĂ© !!! (ou toute animation d’ailleurs)
                  Ce sont des modes de dressage inventés pour la situation de la classe !
                  Si ça peut ĂȘtre un “mieux” dans ce cadre carcĂ©rale, dans une cour d’école, c’est juste un immense “retour en arriĂšre”.

                  Ce qui compte, c’est ce face Ă  face, cette dĂ©couverte de l’Autre, cette construction Ă  plusieurs de ce qui va devenir groupe le temps d’un temps partagĂ©. Les renoncements que l’on s’oblige Ă  soi-mĂȘme pour que vive ce groupe.
                  En laissant avant tout la possibilitĂ© Ă  chacun de refuser ce vivre ensemble, de faire que l’enfant qui n”est pas vrai, qui n’a pas envie d’entrer dans le groupe, puisse le faire.

                  — en cours de rĂ©daction —

                  #42876
                  Vegeteuse
                    @vegeteuse

                    Shaaa a Ă©crit :

                    Il ne s’agit pas vraiment d’incompatibilitĂ© mais plutĂŽt du sens que pourront y trouver des enfants pendant le moment de la rĂ©crĂ©ation ; ce qui est l’élĂ©ment le plus important, il me semble, si l’on veut approcher un temps soit peu, le point de vue des “sans paroles” vu l’investissement qu’ils peuvent mettre dans cette cour. (En sĂ©jour, lorsque le temps n’est pas une contrainte, cette forme de discussion peut avoir tout son sens.)

                    Tu fais bien de le mettre en gras, car effectivement c’est Ă  cĂŽtĂ© de ce point que j’étais passĂ©e. Un espace d’expression formalisĂ© a t-il sa place au moment de la rĂ©crĂ©ation? Qu’est-ce que ça pourrait signifier pour les enfants?

                    Au passage, j’avais Ă©tĂ© Ă©tonnĂ© de dĂ©couvrir l’annĂ©e derniĂšre que le terme “rĂ©crĂ©ation” ne s’applique pas sur les temps Clae. Ce temps dans la cour n’a pas de nom, dans mon ancien Clae il avait mĂȘme trouvĂ© un autre mot pour le remplacer


                    Donc, si on est d’accord pour dire que les adultes dominent les enfants alors, quel est un ou le moyen pour faire Ă©voluer ce rapport ? Si j’étais de mauvaise foi (:-D), je dirais : “en se tenant Ă  distance”, dans une “prĂ©sence proche”

                    Se tenir Ă  distance tout en Ă©tant prĂ©sente, je pense que c’est la position que j’essaie de tenir lors de mes activitĂ©s et sur les autres temps. Jusqu’à maintenant, j’ai l’impression que ce positionnement Ă  tendance Ă  aggraver le rapport de domination adulte/enfant Ă  l’échelle du Clae. Comme si les autres anims cherchaient Ă  contrebalancer “un manque”.

                    Mais peut-ĂȘtre que ça n’est pas ça l’important. Au contraire les enfants peuvent ainsi faire l’expĂ©rience de diffĂ©rents fonctionnements, diffĂ©rentes relations, peut-ĂȘtre que c’est ça le principal.

                    Donc, si on est d’accord pour dire que les adultes dominent les enfants alors, quel est un ou le moyen pour faire Ă©voluer ce rapport ? A l’échelle du Clae? Il y en a peut-ĂȘtre pas


                    “travaille et tais-toi” un chouette mot d’ordre!
                    Un bon enfant est un enfant productif, qui ne contredit jamais l’adulte, qui se soumet.
                    C’est valable aussi pour les animateurs, travaille et tais-toi, estime-toi heureux que je t’emploie, sois productif.

                    Si vous arrivez à combattre ça depuis votre place d’animateur, dites-nous comment


                    Je suis assez d’accord avec ce que tu dis. Quant Ă  combattre ça, pour le moment, bha je crois que je vais devoir me rĂ©soudre Ă  ne pas changer le monde (enfin le Clae) et plutĂŽt Ă  changer mon rapport au monde (enfin aux enfants).

                    Shaaa a Ă©crit :
                    Pour alimenter le dĂ©bat, un texte de Judit Vari sur les “NĂ©gociations en centre de vacances”.

                    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/agora_1268-5666_2004_num_35_1_2155

                    On retrouve nos rĂ©flexions notamment sur le contrĂŽle de la parole et de l’expression (au-delĂ  de celui du corps) dans les situations plus ou moins formalisĂ©es. Finalement, oĂč se dĂ©roule les nĂ©gociations ? 😀

                    Je ne l’ai lu qu’une fois, mais il est trĂšs intĂ©ressant ce texte. Ça me parle cet apprentissage de l’autocontrole (du corps, des Ă©motions), le lien entre la parole et le corps, le fait que la discipline militaire ait inspirĂ© la discipline scolaire, ces objectifs de contrĂŽler les corps et les espaces (ces fameux cadres qui ne cessent de me questionner). L’intĂ©rĂȘt de la nĂ©gociation et du conflit. La formalisation qui entraine une perte de spontanĂ©itĂ© et empĂȘche la vraie nĂ©gociation entre individus.

                    Je me souviens, l’annĂ©e derniĂšre les instits qui s’inspiraient de Freinet (je crois, je ne sais dĂ©jĂ  plus
) avaient mis en place un Grand Conseil obligatoire tous les vendredi matins. Les enfants me disaient souvent Ă  quel point c’était “trop chiant” et que de toute façon ce qu’ils proposaient (comme l’achat d’un ballon) Ă©tait refusĂ©. De plus, seuls les meilleurs Ă©lĂšves, ceux qui avaient une ceinture gradĂ©e, avaient le droit de mener le conseil.

                    Ce n’est vraiment pas de ce genre de conseils, qui compriment tous dĂ©sirs d’expression, que je souhaite m’inspirer (enfin si je continue Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  cet espace d’expression malgrĂ© tous les vents contraires :-D).

                    ludou a Ă©crit :
                    une petite note positive tout de mĂȘme : parmi les personnes que l’on peut croiser en stage BAFA ou BAFD, la plupart d’entre eux est consciente (ou le devient) des enjeux des acm. Il y a mĂȘme un niveau de rĂ©flexion qui me bluff toujours. Les personnes sont compĂ©tentes, il suffit de leur permettre de le montrer et de le partager


                    Comment fais-tu pour leur permettre de montrer leur compétence?
                    Espace formel, informel?

                    Dommage qu’ensuite beaucoup d’entre elles n’osent pas s’opposer aux rĂšgles Ă©tablies dans un Clae et vont contre leurs propres principes.

                    Shaaa a Ă©crit

                    En parlant de Bafa, ça me rappelle que quelqu’un(e) devait passer le sien
 🙄

                    Tout Ă  fait mais en fait non 😀 A priori je vais m’inscrire pour le CQP en dĂ©but d’annĂ©e prochaine
Mais quand je vois comment ça stresse certains de mes collĂšgues qui le passent en ce moment, ça me donne pas envie.

                    #42877
                    Shaaa
                      @shaaa

                      lejoueur27, si la trĂšs grande majoritĂ© des formateurs Bafa lisaient et, a fortiori, des revues scientifiques (ou Ă  visĂ©e), ça se saurait. 😀

                      (Ă  tout hasard : par ici, par lĂ  et encore ici)

                      En parlant de Bafa, ça me rappelle que quelqu’un(e) devait passer le sien
 🙄

                      #42916
                      ludou
                        @ludou

                        une petite note positive tout de mĂȘme : parmi les personnes que l’on peut croiser en stage BAFA ou BAFD, la plupart d’entre eux est consciente (ou le devient) des enjeux des acm. Il y a mĂȘme un niveau de rĂ©flexion qui me bluff toujours. Les personnes sont compĂ©tentes, il suffit de leur permettre de le montrer et de le partager
 🙄

                        allez, je file en veillĂ©e conte 😀

                        #42932
                        eugene
                          @eugene-2

                          Ce document devrait ĂȘtre prĂ©senter dans toutes les rĂ©unions d’anim pour pourvoir dĂ©battre car il dĂ©montre que les acm pourrait s’amĂ©liorer si on prenait en compte rĂ©ellement la parole de l’enfant et surtout il permettrait
                          de rĂ©flĂ©chir sur les moyens Ă  mettre en place pour que les enfants puissent s’exprimer. Car pour l’instant il y a la boite Ă  idĂ©es les forums de maniĂšre formelle .
                          Ce document dĂ©montre aussi que les temps informels sont importants Ă  condition qu’on veuille bien se donner la peine de prendre son temps pour discuter au lieu de penser que durant ce temps l’animateur doit se reposer

                          #42979
                          ludou
                            @ludou

                            merci Shaaa, c’était justement l’objet du jour avec les stagiaires bafa 😀

                            #43003
                            Shaaa
                              @shaaa

                              Pour alimenter le dĂ©bat, un texte de Judit Vari sur les “NĂ©gociations en centre de vacances”.

                              http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/agora_1268-5666_2004_num_35_1_2155

                              On retrouve nos rĂ©flexions notamment sur le contrĂŽle de la parole et de l’expression (au-delĂ  de celui du corps) dans les situations plus ou moins formalisĂ©es. Finalement, oĂč se dĂ©roule les nĂ©gociations ? 😀

                              #43075
                              balthazaar
                                @balthazaar

                                GĂ©rer ça dans le cadre du travail d’animateur ou de directeur, bon courage. On est soumis Ă  quelques maĂźtres â€œĂ©lus” qui dĂ©cident tout Ă  notre place.
                                Tout est fait pour soumettre les enfants, les rendre obéissants.

                                “travaille et tais-toi” un chouette mot d’ordre!
                                Un bon enfant est un enfant productif, qui ne contredit jamais l’adulte, qui se soumet.
                                C’est valable aussi pour les animateurs, travaille et tais-toi, estime-toi heureux que je t’emploie, sois productif.

                                Si vous arrivez à combattre ça depuis votre place d’animateur, dites-nous comment


                                #43083
                                ludou
                                  @ludou

                                  d’autres pourraient aussi envisager de renverser le rapport et de se laisser dominer par l’enfant (encore que, c’est purement thĂ©orique). Sur cette base, nombre de rĂ©action que l’on connaĂźt encore en amalgamant l’enfant-roi ou l’enfant-tyran Ă  l’enfant “libre” (je mets Ă©videmment de gros guillemets).

                                  Einstein avait un peu les mĂȘmes doutes que vous concernant la notion de libertĂ©. Il l’associait toujours Ă  un autre mot (libertĂ© d’expression politique, libertĂ© de dĂ©placement sans contrĂŽle, etc
). La libertĂ© seule, c’est un peu comme l’égalitĂ© seule (ne parlons pas de la fraternitĂ©). Bref, je m’égare


                                  #43084
                                  Shaaa
                                    @shaaa

                                    Vegeteuse a Ă©crit :

                                    Shaaa a Ă©crit :
                                    Quand mĂȘme, je crois qu’il ne faut pas s’illusionner de trop.

                                    Vous m’avez fait perdre toutes mes illusions 😀

                                    Nonon, tu rĂ©sistes encore. 😀

                                    Qui plus est, l’entre-enfants disposent aussi de ses codes, normes, rites
 qui se construisent sur ce qu’ils comprennent du monde adulte et de ce qu’ils en expĂ©rimentent. Parfois, ses rĂšgles sont amorales et peuvent valorisĂ©es la sĂ©grĂ©gation des sexes, la supĂ©rioritĂ© du plus fort ; Ă  l’image de notre sociĂ©tĂ© qu’ils cĂŽtoient, de fait
 Passage nĂ©cessaire et/ou expĂ©riences Ă  discuter ?

                                    Finalement, une certaine non-intervention scolaro-Ă©ducative vise tout de mĂȘme une visĂ©e Ă©mancipatrice des personnes. Ce qui est, somme toute, un beau paradoxe. 😀

                                    Je suis tout Ă  fait d’accord avec ce que tu dis concernant les bienfaits de la non-intervention dans ce que peuvent expĂ©rimenter les enfants. Leur laisser vivre les choses, mĂȘme les conflits, surtout finalement les conflits.

                                    Est-ce que ce qui pose problĂšme pour toi, dans le fait de crĂ©er un espace de paroles, est qu’il s’agit d’une intervention adulte dans cette expĂ©rimentation? Mais ne peut-on crĂ©er un espace oĂč la parole sera prise en compte sans ĂȘtre jugĂ©e? Et qui n’enlĂšve pas par ailleurs ce qui peut s’exprimer autrement, pas d’autres biais, dans d’autres lieux ?

                                    Ce n’est pas tant de ta capacitĂ© d’écoute empathique que je doute mais de la rĂ©action des autres adultes et donc institutionnelle qui, au mieux, n’écoutera ni ne rĂ©pondra ou, au pire, la rĂ©cupĂ©rera ou la tournera en dĂ©rision


                                    S’attacher au point de vue des enfants est important pour comprendre leur rapport au monde, donc Ă  l’école, Ă  la rĂ©crĂ©, au loisir
 Cela dit, ce point de vue ne passe pas toujours par une parole, une “conscientisation verbalisĂ©e” de leurs envies


                                    LĂ  c’est peut-ĂȘtre mon penchant pour la psychanalyse qui s’exprime mais je trouve que la parole n’est pas qu’une conscientisation verbalisĂ©e, il y a beaucoup plus qui s’y joue (justement dans son rapport Ă  l’autre, au monde
) en particulier des choses inconscientes. Les enfants ont un rapport Ă  la parole trĂšs riche et intĂ©ressant, et diffĂ©rent des adultes.

                                    Ça peut passer par une observation de leurs activitĂ©s, de leurs attitudes, une attention Ă  leurs Ă©changes et Ă  leurs interactions corporelles (silencieuses).

                                    Je suis d’accord mais, comme je disais Ă  Moilapa, je ne suis pas sure de comprendre en quoi l’un empĂȘche l’autre ?

                                    Disons que ce qui peut faire sens pour toi ne fera peut-ĂȘtre pas sens pour eux (j’en ai encore eu des exemples rĂ©cemment). Au regard de leur point de vue, est-ce que la forme d’une rĂ©union collective oĂč ils seront invitĂ©s Ă  verbaliser est la plus sensĂ©e ?

                                    À l’extrĂȘme, tous les enfants seront obligĂ©s de participer, d’y exprimer un point de vue, de voter
 et ça s’appelle encore “rĂ©union d’enfants” (ou “dĂ©mocratie” :-D). De l’autre, on peut effectivement avoir une animatrice qui aura les oreilles qui traĂźnent et, sans pour autant discuter, peut installer des jeux ou, suite Ă  discussions avec le groupe prĂ©sent, construira quelque chose avec
 au jour le jour (les autres enfants s’affairant Ă  leurs occupations).

                                    Il ne s’agit pas vraiment d’incompatibilitĂ© mais plutĂŽt du sens que pourront y trouver des enfants pendant le moment de la rĂ©crĂ©ation ; ce qui est l’élĂ©ment le plus important, il me semble, si l’on veut approcher un temps soit peu, le point de vue des “sans paroles” vu l’investissement qu’ils peuvent mettre dans cette cour. (En sĂ©jour, lorsque le temps n’est pas une contrainte, cette forme de discussion peut avoir tout son sens.)

                                    (et trĂšs sincĂšrement, je crois que la libertĂ© est une notion un peu vide mais ça nous engagerait dans un long dĂ©bat
 :-D)

                                    Mais ça serait pas inintĂ©ressant, d’autant que je te suis complĂštement ; ceci dit le concept phare:-D de cet espace d’expression Ă©tait la dĂ©mocratie que j’ai tendance Ă  associer davantage au pouvoir (enfin dans ce contexte Ă  un contre-pouvoir) qu’à la notion de libertĂ©.

                                    (spiderman m’a tuer ) 🙄

                                    Si on parle de pouvoir, d’accord. On est bien sur des rapports de domination qu’il convient de mettre Ă  jour et de remettre en question (si tant est qu’ils nous dĂ©rangent :-D).

                                    Donc, si on est d’accord pour dire que les adultes dominent les enfants alors, quel est un ou le moyen pour faire Ă©voluer ce rapport ? Si j’étais de mauvaise foi (:-D), je dirais : “en se tenant Ă  distance”, dans une “prĂ©sence proche” dont on parlait sur un autre sujet (ici et lĂ .).

                                    #43086
                                    Vegeteuse
                                      @vegeteuse

                                      Shaaa a Ă©crit :
                                      Quand mĂȘme, je crois qu’il ne faut pas s’illusionner de trop.

                                      Vous m’avez fait perdre toutes mes illusions 😀

                                      Qui plus est, l’entre-enfants disposent aussi de ses codes, normes, rites
 qui se construisent sur ce qu’ils comprennent du monde adulte et de ce qu’ils en expĂ©rimentent. Parfois, ses rĂšgles sont amorales et peuvent valorisĂ©es la sĂ©grĂ©gation des sexes, la supĂ©rioritĂ© du plus fort ; Ă  l’image de notre sociĂ©tĂ© qu’ils cĂŽtoient, de fait
 Passage nĂ©cessaire et/ou expĂ©riences Ă  discuter ?

                                      Finalement, une certaine non-intervention scolaro-Ă©ducative vise tout de mĂȘme une visĂ©e Ă©mancipatrice des personnes. Ce qui est, somme toute, un beau paradoxe. 😀

                                      Je suis tout Ă  fait d’accord avec ce que tu dis concernant les bienfaits de la non-intervention dans ce que peuvent expĂ©rimenter les enfants. Leur laisser vivre les choses, mĂȘme les conflits, surtout finalement les conflits.

                                      Est-ce que ce qui pose problĂšme pour toi, dans le fait de crĂ©er un espace de paroles, est qu’il s’agit d’une intervention adulte dans cette expĂ©rimentation? Mais ne peut-on crĂ©er un espace oĂč la parole sera prise en compte sans ĂȘtre jugĂ©e? Et qui n’enlĂšve pas par ailleurs ce qui peut s’exprimer autrement, pas d’autres biais, dans d’autres lieux ?

                                      S’attacher au point de vue des enfants est important pour comprendre leur rapport au monde, donc Ă  l’école, Ă  la rĂ©crĂ©, au loisir
 Cela dit, ce point de vue ne passe pas toujours par une parole, une “conscientisation verbalisĂ©e” de leurs envies


                                      LĂ  c’est peut-ĂȘtre mon penchant pour la psychanalyse qui s’exprime mais je trouve que la parole n’est pas qu’une conscientisation verbalisĂ©e, il y a beaucoup plus qui s’y joue (justement dans son rapport Ă  l’autre, au monde
) en particulier des choses inconscientes. Les enfants ont un rapport Ă  la parole trĂšs riche et intĂ©ressant, et diffĂ©rent des adultes.

                                      Ça peut passer par une observation de leurs activitĂ©s, de leurs attitudes, une attention Ă  leurs Ă©changes et Ă  leurs interactions corporelles (silencieuses).

                                      Je suis d’accord mais, comme je disais Ă  Moilapa, je ne suis pas sure de comprendre en quoi l’un empĂȘche l’autre ?

                                      Si une troisiĂšme voie est “jouable”, ce serait plutĂŽt d’ĂȘtre une porte-parole de ce “point de vue” soit en rĂ©union

                                      Oui, peut-ĂȘtre.

                                      (et trĂšs sincĂšrement, je crois que la libertĂ© est une notion un peu vide mais ça nous engagerait dans un long dĂ©bat
 :-D)

                                      Mais ça serait pas inintĂ©ressant, d’autant que je te suis complĂštement ; ceci dit le concept phare:-D de cet espace d’expression Ă©tait la dĂ©mocratie que j’ai tendance Ă  associer davantage au pouvoir (enfin dans ce contexte Ă  un contre-pouvoir) qu’à la notion de libertĂ©.

                                      Ça me fait penser à un collùgue qui m’a dit “Attention cependant car :

                                      (spiderman m’a tuer ) 🙄

                                      #43136
                                      Shaaa
                                        @shaaa

                                        Quand mĂȘme, je crois qu’il ne faut pas s’illusionner de trop. L’entre-enfants se produit nĂ©cessairement dans un contexte rĂ©gi par les adultes qui, plus ou moins, volontairement, se mettent en retrait durant un temps trĂšs court. CĂŽtĂ© loisirs, soit on le rĂ©duit Ă  une portion ridicule (exemple, le “temps libre” en centre de loisirs), soit on l’étend Ă  son paroxysme (ce qui pourrait ĂȘtre le terrain d’aventure, le parc ou la rue) mais ces lieux comportent tout de mĂȘme des rĂšgles. Qui plus est, l’entre-enfants disposent aussi de ses codes, normes, rites
 qui se construisent sur ce qu’ils comprennent du monde adulte et de ce qu’ils en expĂ©rimentent. Parfois, ses rĂšgles sont amorales et peuvent valorisĂ©es la sĂ©grĂ©gation des sexes, la supĂ©rioritĂ© du plus fort ; Ă  l’image de notre sociĂ©tĂ© qu’ils cĂŽtoient, de fait
 Passage nĂ©cessaire et/ou expĂ©riences Ă  discuter ?

                                        Finalement, une certaine non-intervention scolaro-Ă©ducative vise tout de mĂȘme une visĂ©e Ă©mancipatrice des personnes. Ce qui est, somme toute, un beau paradoxe. 😀

                                        S’attacher au point de vue des enfants est important pour comprendre leur rapport au monde, donc Ă  l’école, Ă  la rĂ©crĂ©, au loisir
 Cela dit, ce point de vue ne passe pas toujours par une parole, une “conscientisation verbalisĂ©e” de leurs envies
 Ça peut passer par une observation de leurs activitĂ©s, de leurs attitudes, une attention Ă  leurs Ă©changes et Ă  leurs interactions corporelles (silencieuses). De ce que j’en sais, les dĂ©cisions de jouer se font trĂšs majoritairement sur le moment en fonction de la situation et ce qu’elle comporte Ă  part pour celles et ceux qui forment un groupe restreint soudĂ© et qui ne jouent qu’à un ou deux jeux.

                                        En plus, il faut bien avoir en tĂȘte que, pour la (trĂšs grande) majoritĂ© des adultes, la parole des enfants n’a pas de valeur
 Si une troisiĂšme voie est “jouable”, ce serait plutĂŽt d’ĂȘtre une porte-parole de ce “point de vue” soit en rĂ©union soit en installant et amĂ©nageant des espaces pour jouer qui rĂ©pondent, alimentent, prolongent des intĂ©rĂȘts observĂ©s du moment, de l’époque (il y a souvent une saisonnalitĂ© dans les jeux pratiquĂ©s). Ensuite, tu connais certainement les voies de traverse, les rouages qui permettent d’obtenir du matĂ©riel, des autorisations ou les justifications qui ouvriront les portes. Pas eux.

                                        Ce qui Ă©viterait peut-ĂȘtre une mystification pour eux et une dĂ©sillusion pour l’animatrice, a priori. :titille:

                                        (et trĂšs sincĂšrement, je crois que la libertĂ© est une notion un peu vide mais ça nous engagerait dans un long dĂ©bat
 :-D)

                                        #43155
                                        Vegeteuse
                                          @vegeteuse

                                          moilapa a Ă©crit :
                                          je ne sais pas si tu vois qui sont ces gamines (surtout si tu es chez les grands) mais j’avais beaucoup de tendresse pour ce cĂŽtĂ© “on n’a besoin de personne d’autres”


                                          Il y a un groupe de CE2 exactement comme tu dĂ©cris ; les CP, CE1, j’en croise pourtant pas mal mais je les ai moins repĂ©rĂ©s.

                                          sinon, comme il est risible que ces adultes paumĂ©s, soumis, puissent prĂ©tendre parler de libertĂ© Ă  ces mĂŽmes
 qui eux ne sont pas aussi naĂŻfs qu’on pourrait le croire. Sur ces adultes si prompt Ă  baisser la queue


                                          Ah mais tous les anims ne sont pas paumés, a mon sens les pires sont au contraire ceux qui restent droits dans leurs bottes.

                                          En tous cas, dans ma logique (tordue peut-ĂȘtre) c’est exactement pour que le Clae soit obligĂ© de prendre en compte la parole de l’enfant que j’ai voulu mettre en place cet espace. Pour Ă©viter que les dĂ©cisions soient prises plus ou moins entre anim, sans demander l’avis aux enfants.

                                          L’objectif n’était pas du tout leur parler de libertĂ© mais de leur offrir un espace de parole libre oĂč il pourrait dire ce qu’ils souhaitent au ClaĂ© (pas Ă  moi en tant qu’animatrice, au ClaĂ© en tant qu’institution).

                                          J’ai pas besoin de ça pour que les enfants parlent ! J’ai pas besoin de ça pour Ă©couter !
                                          Cette parole, elle survient partout, tout le temps : il suffit juste d’écouter, de mettre en place ce rapport Ă  l’autre, cette façon d’ĂȘtre qui rend vivante la parole !

                                          Je ne dis pas du tout le contraire. Mais mettre en place un temps et un espace de parole contredit-il le fait d’ĂȘtre Ă  l’écoute en tant qu’animateur? Les deux me semblent possibles, et l’interlocuteur pas vraiment le mĂȘme (dans un cas l’anim dans l’autre le ClaĂ©).

                                          Dans le cas d’un enfant violent, je passerais plus d’énergie Ă  mettre en place le temps dans lequel il se retrouverait, prendrait du plaisir, pourrait ĂȘtre lui, jouer
que de la prendre entre quatre yeux pour lui expliquer “qu’il est mal de”
 Ce qui demande des compĂ©tences bien au delĂ  des capacitĂ©s de la trĂšs grande majoritĂ© des anim’
 il leur reste alors ce rĂŽle de gueulard


                                          Heureusement dans ce ClaĂ©, il n’y a pas trop de gueulards (par Ă  rapport Ă  ce que j’ai vĂ©cu l’annĂ©e derniĂšre).

                                          Finalement tes mots ne sont pas trĂšs loin de ceux que j’ai entendu en rĂ©union la semaine derniĂšre : Ă  savoir que les enfants qui posent problĂšme doivent ĂȘtre le plus souvent possible “en activitĂ©, Ă  jouer, occupĂ©s Ă  faire quelque chose qui leur plait ( et il vrai que ces enfants apprĂ©cient beaucoup les activitĂ©s d’un animatrice en particulier qui fait de la gym, du hip hop
) plutĂŽt qu’à trainer librement dans la cour et provoquer des conflits” .

                                          Mais je sais que ce n’est pas du tout ce que tu as voulu dire, car ce que sous entend ces paroles c’est que la libertĂ© (dĂ©bridĂ©e – sans adulte superviseur) est dangereuse et source de conflits et l’adulte – bridant source de stabilité 

                                          Ou comment Ă  partir de mots presque semblables, les logiques divergent radicalement.

                                          En rĂ©union, c’est dĂ©primant tous ces raccourcies, ces liens de causes Ă  effets indĂ©boulonnables, le manque d’articulations ou au contraire les articulations qui pervertissent les propos.

                                          La parole des enfants n’est pas aussi crĂ©tine, on n’a pas de leçon Ă  leur donner la dessus. Alors ne mĂ©rite t-elle pas d’ĂȘtre reconnu au sein du Clae? d’avoir sa place dans les rĂ©unions? De contrebalancer celle des adultes?

                                          Je pense que “donner du pouvoir Ă  l’enfant” dans cette situation, c’est lui foutre la paix, ĂȘtre lĂ  quand il a besoin de l’adulte (et encore, avec parcimonie) c’est lui permettre de vivre cet entre-enfant, d’avoir une vie sociale, de faire l’expĂ©rience de la vie avec les Autres sans un Dieu au dessus de sa tĂȘte, un ĂȘtre omniprĂ©sent, omniscient, qui lui dit ce qu’est la dĂ©mocratie, qui empĂȘche les querelles, qui tranche les conflits


                                          Je suis d’accord avec toi, mĂȘme si pour moi l’un n’empĂȘche pas l’autre (Ă  cet instant de ma rĂ©flexion, ça peut changer trĂšs vite :-D).

                                          En tous cas merci pour vos interventions, ça me permet d’avancer.

                                          Je continue plus tard

                                          #43160
                                          moilapa
                                            @moilapa

                                            Comment pourraient-ils se lever contre une institution alors que des adultes (les animateurs, les instituteurs), censĂ©s avoir plus de pouvoirs, n’arrivent pas Ă  la faire bouger d’un iota et se la prennent eux-mĂȘme en pleine tronche tous les jours?

                                            Il ne s’agit pas pour les enfants de se “rĂ©volter” : dans le cas du claĂ©, participer aux activitĂ©s est optionnelle (en tout cas pour l’instant et dans la majoritĂ© des lieux) : l’enfant a donc cette possibilitĂ© de refuser de se coltiner l’adulte.
                                            Sur cette Ă©cole (Ă  moins qu’en quelques mois les choses ont changĂ© d’une façon dramatique, et que les enfants soient tout d’un coup devenu accroc aux adultes) tu as par exemple le groupe des petites blondes insĂ©parables (elles doivent ĂȘtre en ce1 cette annĂ©e) qui arrivent dans la cour, jouent entre elles, puis vont se ranger pour aller manger, se mettent Ă  une table sans adulte, rangent leurs plateaux puis retournent jouer entre elles dans la cour
 Elles ne demandent rien Ă  personne, peuvent ĂȘtre malheureuses quand elles se retrouvent exclus de ce groupe
 mais elles vivent leur vie sans rien devoir aux adultes : elles vivent leur vie d’enfants, expĂ©rimentent
 je ne sais pas si tu vois qui sont ces gamines (surtout si tu es chez les grands) mais j’avais beaucoup de tendresse pour ce cĂŽtĂ© “on n’a besoin de personne d’autres”


                                            A part de passer devant l’anim’ qui est aux fiches Ă  retourner Ă  l’entrĂ©e de la cantine, elles ont cette possibilitĂ© de refuser l’adulte durant ce temps qui leur appartient.

                                            Et je ne crois pas que les adultes-animateurs aient lĂ  plus de pouvoir ici ! Parce que les adultes sont sous contrat, se doivent de
 et de
 et pour la majoritĂ© croient qu’ils doivent produire vis Ă  vis de leurs supĂ©rieurs hiĂ©rarchiques


                                            Ce n’est pas un espace de libertĂ© pour les anim’ ! A moins qu’ils ne se libĂšrent de toute contingence en rapport avec un quelconque contrat. Qu’ils se dĂ©fassent de toutes ces obligations institutionnelles inutiles au vivre ensemble.

                                            sinon, comme il est risible que ces adultes paumĂ©s, soumis, puissent prĂ©tendre parler de libertĂ© Ă  ces mĂŽmes
 qui eux ne sont pas aussi naĂŻfs qu’on pourrait le croire. Sur ces adultes si prompt Ă  baisser la queue


                                            Et justement peut-ĂȘtre que de parler, d’échanger permet de mieux cerner les injustices, la violence, de mettre des mots dessus, non?

                                            Et alors ? T’as besoin d’institutionnaliser un temps et un espace pour ça ?
                                            De mon point de vue, avoir cela en esprit, c’est dĂ©jĂ  en Ă©chec : comme peut l’ĂȘtre sur une colo des rĂ©unions institutionnelles programmĂ©es pĂ©riodiquement pour savoir “oĂč on en est” ! Mais c’est dĂ©jĂ  faire l’aveux d’un Ă©chec !
                                            J’ai pas besoin de ça pour que les enfants parlent ! J’ai pas besoin de ça pour Ă©couter !
                                            Cette parole, elle survient partout, tout le temps : il suffit juste d’écouter, de mettre en place ce rapport Ă  l’autre, cette façon d’ĂȘtre qui rend vivante la parole !

                                            Dans le cas d’un enfant violent, je passerais plus d’énergie Ă  mettre en place le temps dans lequel il se retrouverait, prendrait du plaisir, pourrait ĂȘtre lui, jouer
 que de la prendre entre quatre yeux pour lui expliquer “qu’il est mal de”
 Ce qui demande des compĂ©tences bien au delĂ  des capacitĂ©s de la trĂšs grande majoritĂ© des anim’
 il leur reste alors ce rĂŽle de gueulard


                                            ”
 pourtant je n’ai pas l’impression de nuire à l’entre-enfant en essayant de leur donner un peu plus de pouvoir dans ce clae”
                                            Je pense que “donner du pouvoir Ă  l’enfant” dans cette situation, c’est lui foutre la paix, ĂȘtre lĂ  quand il a besoin de l’adulte (et encore, avec parcimonie) c’est lui permettre de vivre cet entre-enfant, d’avoir une vie sociale, de faire l’expĂ©rience de la vie avec les Autres sans un Dieu au dessus de sa tĂȘte, un ĂȘtre omniprĂ©sent, omniscient, qui lui dit ce qu’est la dĂ©mocratie, qui empĂȘche les querelles, qui tranche les conflits

                                            LĂ  est la libertĂ© pour l’enfant-Ă©lĂšve en situation d’école.
                                            La seule limite, c’est la violence exercĂ©e par un enfant sur un autre enfant (et non un adulte) dans la mesure oĂč l’enfant agressĂ© est en difficultĂ©, n’est pas mesure de se dĂ©fendre d’une façon ou d’une autre


                                            Mais dans cette espace de libertĂ©, peut ĂȘtre qu’un peu plus de “jeu”, de “surprise”, permettrait Ă  ses enfants “cogneurs” de faire une autre expĂ©rience de l’autre
 avec ces animateurs claĂ©, il n’y a mĂȘme pas cette possibilitĂ© là

                                            Je vais reprendre le mĂȘme exemple, d’une situation oĂč cette violence ne viendrait mĂȘme pas Ă  l’esprit des gamins, mais durant les deux mois d’étĂ©, je n’ai pas Ă  faire Ă  la police (avec les enfants) , chaque Ă©tĂ©, Ă©tĂ© aprĂšs Ă©té .
                                            Ici (ce claĂ©) la violence est logique !!!! Tout est rĂ©uni pour qu’il y ait violence !!!
                                            On peut crĂ©er cet espace artificiel oĂč cette violence est Ă  la porte d’un temps, d’un atelier avec tel adulte
 cela changera t-il quelque chose au “reste du temps” ? Je m’en fiche. Je sais juste que ce que je suis, la façon dont je suis avec les autres (les enfants) fait que cette violence est absente durant ces temps “suspendus”. C’est dĂ©jĂ  pas mal Ă  offrir Ă  ces enfants sur cette Ă©cole.
                                            Bien entendu que c’est trĂšs limitĂ© : Ă  ma petite personne qui ne va faire aucun geste envers mes collĂšgues possiblement en difficulté  peu m’importe : peu m’importe
 Je ne suis pas responsable de cette situation de violence, de ce que ces adultes paumĂ©s soient sur des Ă©coles, de ce que ces adultes sont en difficultĂ©s, de ce que ces enfants ballotĂ©s soient en difficulté  je ne prĂ©tends rien changĂ©, je ne prĂ©tends rien s’agissant de ce que mes actions pourraient apporter “dans un futur hypothĂ©tique


                                            Je sais juste que la situation suspendue du jeu permet beaucoup de choses, notamment de faire taire la violence un temps
 Ca me suffit. Parce que je crĂ©e un temps (mĂȘme articificelle mais aprĂšs tout dans une situation artificelle) de “paix”


                                            Mais qu’elle sera la portĂ©e effective ? Difficile Ă  dire sans avoir essayer.
                                            Et si on s’en foutait ? Et siil Ă©tait impossible de dire ce qui sera ? Ce qu’il en adviendra ? Ce que les enfants en retiendront ? Ce que chacun intĂ©grera Ă  celui est et sera ?

                                            C’est comme avec les jeux : Ă  quoi chercher Ă  dĂ©finir ce que tel ou tel moment apportera aux participants ? Quel intĂ©rĂȘt ? Le jeu ne se suffit-il pas Ă  lui-mĂȘme ? Ce temps partagĂ©, ce vivre ensemble, dont personne ne peut dire ce que chacun en retiendra
 en fera ou pas


                                            Qu’y a t-il d’autre au dessus de ce simple temps de jeu partagĂ© ?

                                            Quand j’arrive en claĂ©, je n’ai qu’une idĂ©e en tĂȘte : m’amuser. Avec ceux qui seront lĂ  et voudront partager du temps, du jeu..
                                            tout ce qui peut gĂȘner ce plaisir Ă  la rencontre, au vivre ensemble, au jeu partagĂ©, est Ă  combattre.
                                            Avec ces deux seules idées, le claé devient un plaisir. Ce métier est un kif total.

                                            il n’y a aucun objectif au dessus de celui là.

                                            S’agissant de la violence des enfants sur cette Ă©cole, elle est lĂ©gitime, elle est normale. Et ce sont les adultes qui en sont responsables. Et d’accord que ce sont les enfants les plus en difficultĂ©s qui posent le plus de problĂšme ici
 Et effectivement certains de ces enfants sont trĂšs dures
 il n’y a pas de doute la dessus

                                            En mĂȘme temps, ces enfants mettent en difficultĂ© les adultes eux-mĂȘmes en difficultĂ©. La situation ne doit pas ĂȘtre si dĂ©sespĂ©rĂ©e parce que quand ces 4 ou 5 mis dans une situation “sereine”, oĂč ils n’ont pas besoin de tenir le rĂŽle qui leur a Ă©tĂ© attribuĂ©, ils ne posent pas problĂšme
 (Ă  une exception clinique, un gamin qui n’a plus rien Ă  faire dans un cursus “normal”
)

                                            Vouloir guĂ©rir tous ces blessures, c’est juste impossible, irraisonnable. Par contre, on peut crĂ©er au sein mĂȘme de ce qui pourrait paraĂźtre l’endroit le plus “sauvage” (cette grande cour de rĂ©crĂ©) des petits “ülots” “hors” de cette violence subie. OĂč les rĂšgles sont autres, oĂč aucun de ces enfants dures n’aurait l’idĂ©e de venir jouer son rĂŽle de perturbateur
 Ca, on peut l’offrir Ă  des enfants qui n’ont pas forcĂ©ment envie de jouer les punching-ball, mais surtout Ă  ces mĂŽmes Ă  la dĂ©rive


                                            Dans une structure Ă  taille “plus humaine” ces enfants “difficiles” seraient sans doute moins problĂ©matiques
.
                                            Comme dĂ©jĂ  dit, on mettrait des rats dans la mĂȘme situation, on obtiendrait le mĂȘme rĂ©sultat


                                            C’es trĂšs brouillon, absolument pas ordonnĂ©, mais je vais ĂȘtre limitĂ© par le temps de rĂ©daction d’un post
 mais mĂȘme bordĂ©lique, ça dit “l’état d’esprit” qui est le mien quand je vais sur ces cours d’école
 Avec cette seule idĂ©e de crĂ©er de la surprise, du jeu, de l’inattendu, de faire en sorte que les enfants se demandent ce qu’il va se passer entre midi et deux sur leur Ă©cole le lendemain, et puis le lendemain, y compris pour l’enfant qui s’est fait dĂ©truire par son maĂźtre ou sa maĂźtresse dans la matinĂ©e, comme chaque matinĂ©e


                                            Rien de plus.
                                            Ce mĂ©tier, ce n’est que du plaisir


                                          20 sujets de 1 Ă  20 (sur un total de 368)
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