La vie au front d’un formateur BAFA dĂ©butant

26/11/2015

voilier

TĂ©moignages

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Sommaire

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I    FragilitĂ© et subtilitĂ© des relations humaines

1/ La sur-politesse
2/ Bisounours or not bisounours ?
3/ Debriefing ou agression légalisée ?
4/ Existe-t-il une « novlangue » Educ Pop ?
5/ Des formateurs aux motivations trĂšs diverses

II    Adaptations ou entorses Ă  la dĂ©ontologie affichĂ©e ?

1/ Quel suivi des stagiaires ?
2/ Quel accompagnement des formateurs ?
3/ A propos de la « non mixitĂ© » des chambres
4/ Au sujet de « l’Ă©galitĂ© » entre stagiaires et formateurs
5/ Concernant le planning « rĂ©pondant aux attentes des stagiaires »

III    Trucs et astuces

1/ L’aide auditive des « 5D »
2/ L’aide visuelle du sapin
3/ Les papotages
4/ Le repos
5/ Le 5Ăšme

Conclusion

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I    FragilitĂ© et subtilitĂ© des relations humaines

 

1/ La sur-politesse 

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Les relations entre stagiaires, stagiaires et formateurs … en formation BAFA, sont souvent polies, trĂšs polies. Trop polies ? Cela est dĂ», entre autre, au contexte d’Ă©valuation de la formation : chaque stagiaire est Ă©valuĂ© Ă  tout moment sur ses savoirs thĂ©oriques, savoir-faire et savoir-ĂȘtre.

Ah ça ! Je ne rencontre jamais dans la vraie vie une Ă©quipe plus propre ou plus avenante (lavage de mains systĂ©matiques avant les repas, passage Ă  la douche impeccable, toujours des volontaires pour rendre service ou remplir ses tĂąches mĂ©nagĂšres  …). C’est beau un BAFA !

 

2/ Bisounours or not bisounours

Globalement, le monde de la formation n’est, hĂ©las, pas un monde de bisounours, de candides vivant sans cesse dans la joie et la communion.

Comme pour tout, certains sont plus douĂ©s que d’autres dans le domaine de l’« intelligence relationnelle ». Mon premier stage s’est effectuĂ© avec un directeur qui me ressemble un peu (humour, façon de travailler,…), ce qui est important pour moi car je sais que je peux manquer de souplesse.

Il faut en effet savoir faire l’Ă©quilibriste entre :

  • d’une part, respecter l’autre, y compris dans ses faiblesses … (il va de soi que ce dernier point me concerne aussi   ☹ ). Ne pas prendre ombrage en cas de diffĂ©rence de fonctionnement ou d’approche d’un problĂšme.
  • et d’autre part, ne pas se laisser marcher sur les pieds par ceux qui pourraient vous froisser plus ou moins volontairement (formateurs comme stagiaires d’ailleurs).

 

Oscar Wilde

Ce travail d’Ă©quilibriste est, bien sĂ»r, important en toute compagnie. Mais j’appelle un stage BAFA, comme la direction d’un centre de vacances,  un « accĂ©lĂ©rateur de vie ». C’est Ă  dire un espace-temps oĂč nos expĂ©riences s’acquiĂšrent de façon plus forte et rapide que d’habitude. Les relations humaines y sont donc elles aussi vives, tant dans un sens positif que, Ă©ventuellement, plus tendu.

Je n’ai pas encore atteint le stade que semble avoir certains formateurs, que j’envie d’ailleurs, de grande dĂ©contraction et joie de vivre. Je ne souhaite pas rejoindre par contre le stade de l’humour Ă  outrance, comme : "en forme ce matin connard ?", "oh oh oh, il m’a traitĂ© de connard, trop fort !". L’acceptation de la provocation blagueuse de l’autre est alors le summum de l’intĂ©gration.

Cependant, il y existe aussi de vrais moments de consensus, d’union. Les moments d’adieu sont par exemple toujours restĂ©s Ă©mouvants. Ils sont intenses et sincĂšres car ils prennent place Ă  la fin  -par dĂ©finition- d’une semaine d’Ă©preuves diverses et fortes, ayant peu Ă  envier Ă  Koh-Lanta, et unissant les stagiaires-aventuriers dans un vĂ©cu commun, une expĂ©rience souvent unique, riche et « accĂ©lĂ©ratrice de vie ».

 

3/ Le dĂ©briefing, … ou l’agression lĂ©galisĂ©e ? đŸ˜‰

Le dĂ©briefing est, ici, la rĂ©union du soir oĂč l’on discute de la façon dont s’est passĂ©e la journĂ©e. Elle peut ĂȘtre, bien sĂ»r, nĂ©cessaire mais prĂ©sente aussi des inconvĂ©nients :

  • F:debriefinga.jpgl’absence de recul
  • un environnement non totalement maĂźtrisĂ© peut poser problĂšme, par exemple de discrĂ©tion, si les stagiaires entendent sans difficultĂ© nos apartĂ©s
  • parfois il y a absence de rĂ©sultats nĂ©cessaires et suffisants pour tirer des conclusions
  • enfin, un dĂ©briefing permet bien sĂ»r de parler des difficultĂ©s rencontrĂ©es, et cela fait partie de ses buts. Mais la façon d’exprimer ces difficultĂ©s, ou le choix des difficultĂ©s mises ainsi « en valeur », peuvent ĂȘtre ressentis, Ă  tort ou Ă  raison, comme agressifs, sous une couverture professionnelle, envers un formateur « coupable » d’avoir, Ă  un moment, mal dit ou mal fait.

Ainsi, lors de mon 3Ăšme stage comme formateur BAFA, je pensais pouvoir me sentir assez dĂ©contractĂ©. J’avais en effet le sentiment d’assurer mieux qu’au 1er et 2Ăšme (qui s’Ă©taient de toute façon bien passĂ©s). Big Bada Boom, lors du seul dĂ©briefing organisĂ© pendant cette formation, j’ai le plaisir de recevoir une longue remise en cause d’un autre formateur.

Rassurons-nous, le sujet restait assez anodin. Nous n’Ă©tions pas dans un scĂ©nario Ă  la « very bad blague » de Palma : « Quand on est mono de colo ». Allez le voir sur Youtube : cela vaut le coup d’Ɠil ☺.

 

Non, rien de tout cela vous dis-je !  … mais j’avais trop insistĂ© sur la possibilitĂ© volontaire pour les stagiaires de chanter le matin… au moment de l’Ă©chauffement. J’avais trop insistĂ© sur le fait qu’ils pouvaient, si volontaires, s’inscrire sur un panneau que j’avais rĂ©alisĂ© Ă  cette fin.

Ainsi j’ai vĂ©cu cette intervention de façon un peu dĂ©stabilisante : elle m’a « renfermĂ© » sur moi, pour une partie du stage du moins. Je reconnais que cette rĂ©action est peu productive, mais on ne se maitrise pas toujours malheureusement ;). Je m’Ă©tais aussi dit que puisque les vannes avaient Ă©tĂ© ouvertes, j’en profiterais bien le cas Ă©chĂ©ant pour diffuser Ă  mon tour les joies du partage de mon opinion, bien entendu objective et tempĂ©rĂ©e ;)

 

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4/ Existe-t-il une « novlangue » Educ Pop ?

MalgrĂ© la consigne de s’adapter oralement Ă  son public, de se faire comprendre par le plus grand nombre, le style jargonneux reste parfois assez prĂ©sent. Je ne parle pas ici de l’emploi d’un registre soutenu, que je trouve positif. Je parle de termes peu clairs ou peu connus, dont l’emploi n’apporte rien de nouveau mais rend au contraire le discours moins comprĂ©hensible.

FlorilĂšge vĂ©cu : capitaliser nos connaissances,  budgĂ©tiser notre temps, l’Ă©conomie de notre stage (pour parler de l’enveloppe budgĂ©taire), la vacance, cela vous agrĂ©e, temps de latence, en fonction des compĂ©tences  et appĂ©tences de chacun, … Tout cela n’est pas si loin du « rĂ©fĂ©rentiel bondissant », moquĂ© artificiellement (car ce terme n’a quasiment jamais Ă©tĂ© utilisĂ©) par Claude ALLEGRE, pour les sports de ballon dans l’Ă©ducation nationale.

 

Par contre, les formations et formateurs conservent dans leurs diffĂ©rentes missions celle d’Ă©lever les compĂ©tences en matiĂšre pĂ©dagogique… Or certains termes gagnent Ă  ĂȘtre connus quand ils enrichissent notre comprĂ©hension et notre maitrise du monde de l’animation. En ce qui me concerne, j’y ai dĂ©couvert -ou approfondis-, des notions intĂ©ressantes, comme le point G (Godwin), les genres …

 

5/ Des formateurs aux motivations trĂšs diversifiĂ©es !

 

Si les fonctionnements de chacun peuvent s’avĂ©rer bien diffĂ©rents, les motivations de mĂȘme.

 

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Ainsi certains formateurs s’engagent tantĂŽt :

  • pour gagner un peu d’argent (cet « un peu » peut s’avĂ©rer important pour la personne concernĂ©e)
  • pour chercher l’Ăąme sƓur
  • pour faire la fĂȘte
  • par militantisme et plaisir (si, si !!!)
  • ou d’autres car ils ne savent trop que faire avec leur propre enfant, et que les organismes de formation permettent cet aspect familial. Cela est d’ailleurs trĂšs positif.
  • etc, etc.

OĂč vais-je me situer ?? Un peu dans chaque cas đŸ˜‰

 

 

Heureusement, ces motivations diverses sont tempĂ©rĂ©es par un objectif commun, celui d’assurer une bonne formation Ă  nos stagiaires. Et par un esprit commun, celui impulsĂ© par la maison mĂšre ☺. En pratique donc, il y a globalement homogĂ©nĂ©itĂ© dans les Ă©quipes de formateurs … et si diffĂ©rences il y a, il suffit de les prĂ©senter comme un enrichissement et une ouverture au dialogue đŸ˜‰ .

 

 

II    Adaptations ou entorses Ă  la dĂ©ontologie affichĂ©e ?

Quelle direction pĂ©dagogique suivre quand plusieurs sont possibles ? Et bien, c’est au directeur de dĂ©cider (allons, faisons politiquement correct : avec son Ă©quipe, bien sĂ»r).

 

1/ Quel suivi des stagiaires ?

Dans certaines formations, les stagiaires seront suivis chaque soir, avec l’aide du trombinoscope, et une trace soigneuse accompagnera chacun sur une fiche … qui peut d’ailleurs ĂȘtre consultĂ©e par l’impĂ©trant. Cela peut s’accompagner d’un entretien Ă  mi stage, plus un entretien final lors de la remise du diplĂŽme. Ce suivi consĂ©quent est plus facile Ă  gĂ©rer au sein d’un petit groupe.

Il y aurait une tendance Ă  Ă©viter ces entretiens individuels ?

Pourtant mon expĂ©rience m’a montrĂ© qu’ils s’avĂšrent rassurants et intĂ©ressants pour les stagiaires.

On a pu conseiller certains, mettre en garde d‘autres… pour Ă©viter le rĂ©sultat du dessin suivant đŸ˜‰

Dans d’autres formations, nous ne parlerons que des « cas » rencontrĂ©s. C’est plus rapide ! Et nous ne ferons que deux sĂ©ances trombi, sans entretien de mi stage ou final. Les remarques seront « individualisĂ©es » selon la mĂ©thode des paquets : « TrĂšs bon », « Bon », « Moyen », « A Ă©viter ». Seuls ces deniers (par exemple) auront droit Ă  une remarque Ă©crite rĂ©ellement personnalisĂ©e.

Les stagiaires non validĂ©s ont droit eux Ă  un rapport dĂ©taillĂ© envoyĂ© Ă  Jeunesse et Sport (pardon : « MinistĂšre de l’intĂ©gration » …). Je n’ai vu qu’un seul cas refusĂ©, en BAFA3 : un stagiaire sympathique mais Ă  tendance mythomane et « je-m’en-foutiste », ou « Ă -quoi-boniste », marquĂ©e. Ce stagiaire n’aurait probablement pas Ă©tĂ© trop remarquĂ© en grand groupe. Il aurait probablement Ă©tĂ© placĂ© dans le paquet des "Ă  Ă©viter".

Pas de chance, en petit groupe, tous les travers apparaissent.

 

2/ Quel accompagnement des formateurs ?

Dans une certaine structure de formation, l’Ă©valuation du formateur y est trĂšs prĂ©sente. Trop ?

Nous y rencontrons d’abord une importante proposition d’autoĂ©valuation (15 feuilles !). Puis, le « formateur stagiaire » doit assister obligatoirement Ă  trois modules de formation, uniquement thĂ©oriques, d’un week-end chacun. Chacun de ces modules est suivi d’un entretien Ă©valuatif formel devant un membre de l’Ă©quipe de formateurs. On vous y indique la façon dont on vous a ressenti et les progrĂšs Ă©ventuels Ă  accomplir. Ce bilan vous est dĂ©livrĂ© par Ă©crit et est envoyĂ© sous forme informatique Ă  la structure. Idem Ă  la fin des deux premiĂšres formations que vous y effectuerez : en tant que formateur stagiaire vous avez Ă  la

fin, aprĂšs la remise des diplĂŽmes aux animateurs stagiaires, un entretien avec le directeur/directrice de formation … oĂč l’on vous donne bons et mauvais points … A la fin des trois weekends de formation et des deux formations en tant que formateur stagiaire … vous avez le droit Ă  ĂȘtre photographiĂ© pour le journal de l’organisme avec les fĂ©licitations d’usage, bien mĂ©ritĂ©es !

Amoureux de la note et de la notation, welcome ! đŸ˜‰ … Et dire que certains dĂ©nigrent un peu facilement le cĂŽtĂ© trop  Ă©valuatif … de l’Ă©ducation nationale đŸ˜‰  ! Et bien « l’Ă©duc pop » peut faire encore mieux ;).

Cette « lourdeur » (de mon point de vue), s’explique par un passĂ© rĂ©cent oĂč la structure en question avait rencontrĂ© divers problĂšmes avec des formateurs trop laxistes. Elle avait dĂ» se dĂ©barrasser d’une partie de son Ă©quipe … et renforcer le suivi (formation et Ă©valuation) des formateurs.

Ailleurs, cette formation se fait sur la base du volontariat, pendant des journĂ©es ou week-end de regroupements. C’est moins lourd, plus concret et moins Ă©valuatif. C’est par exemple lĂ  que j’ai appris la crĂ©ation de petites voitures Ă  propulsion aĂ©rienne !

Quand deviendrai-je adulte ?? đŸ˜‰ .

 

 

3/ La « non mixitĂ© des chambres »

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Les formations BAFA intĂ©ressent des adultes de 18-20 ans Ă  parfois 45-50 ans. Les premiers s’orientent gĂ©nĂ©ralement vers les centres d’accueil de mineurs et les plus ĂągĂ©s vers le milieu pĂ©riscolaire. Les rĂšgles de vie entre adultes ne relĂšvent pas de Jeunesse et sport et des mineurs. Cependant, en formation BAFA, on demande gĂ©nĂ©ralement qu’il y ait non mixitĂ© des chambres, au moins Ă  partir d’une certaine heure en soirĂ©e. En pratique, je n’ai jamais vu cette non mixitĂ© respectĂ©e. Dans une bonne humeur tantĂŽt bruyante tantĂŽt discrĂšte (qui n’exclut pas les tentatives de sĂ©duction bien sĂ»r), les Ă©changes ont toujours Ă©tĂ© nombreux entre les chambres.

Forum de la mixitĂ© : thĂ©orie et applications utiles. RDV minuit, Ă©tage filles, chambre 6

Peut-ĂȘtre est-il possible de prĂ©senter autrement les choses ? En indiquant que c’est Ă  chaque chambre de gĂ©rer cette mixitĂ© ? Dans le respect bien sĂ»r des convenances habituelles, qui sont Ă  rappeler. Du moment que chacun puisse dormir quand il le souhaite, et que les chambres ne se transforment pas en lieu d’Ă©bats amoureux intempestifs (et « inlieupestifs »), c’est probablement l’essentiel ☺ ?

 

4/ « L’Ă©galitĂ© stagiaires / formateurs »

http://3.bp.blogspot.com/-N6ua8GkEAq4/TuAZbJF4vTI/AAAAAAAAAXU/jHKPfjFl6J8/s1600/levels-of-organisation-human-body.bmpConcernant la « hiĂ©rarchie », le statut ou les rĂšgles Ă  suivre, il existe deux façons de voir les choses :

  • d’un cĂŽtĂ©, nous entendons de la part de cadres : " il y a Ă©galitĂ©", "possibilitĂ© de partage", "le stagiaire qui a 25 ans d’anciennetĂ© peut en connaĂźtre plus", « si on demande aux stagiaires d’appliquer telle rĂšgle, les formateurs doivent aussi la respecter » etc etc.
  • de l’autre, le formateur exerce des pouvoirs rĂ©els : pouvoir de sanctionner, pouvoir de planifier (pouvoir d’organisation), pouvoir de l’expĂ©rience et du savoir,  pouvoir d’influencer ou de partager des valeurs (par ses pratiques : dĂ©mocratie participative, par ex …).

 Alors qu’en conclure ? J’ai bien mon opinion … ainsi probablement que les stagiaires. Mais aprĂšs tout la pĂ©dagogie de l’Ă©ducation populaire (ainsi que celle de l’Ă©ducation nationale, de plus en plus), est de faire participer son public Ă  l’Ă©laboration des connaissances. Donc Ă  vous de vous faire votre propre conclusion đŸ˜‰ .

 

 

5/ Le planning « rĂ©pondant aux attentes des stagiaires »

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Les Ă©quipes de formateurs ont dans leur mission celle d’Ă©tablir un planning de travail pour chaque formation (BAFA 1 ou BAFA 3). Ce planning  prĂ©sente les contenus thĂ©oriques et pratiques que dĂ©couvriront les animateurs stagiaires. Il est quasiment systĂ©matiquement prĂ©sentĂ© comme rĂ©pondant « aux attentes des stagiaires », aprĂšs la cĂ©rĂ©monie habituelle de dĂ©but de formation consistant en « l’expression des attentes des stagiaires ».

Or ce planning contient, Ă  95 %, toujours les mĂȘmes contenus. En effet il doit rĂ©pondre, partout en France, aux exigences et attentes prĂ©cises de Jeunesse et Sport, quant au minimum requis pour devenir animateur. Attentes que je n’ai par ailleurs jamais eu entre les mains, je n’ai eu que leur interprĂ©tation.

Ces stages BAFA comportent donc des Ă©tapes quasi invariables, que l’on peut programmer Ă  l’avance sans souci.

Les 5 % restant sont bien sĂ»r importants, dans la mesure oĂč ils montrent une capacitĂ© d’adaptation… mais ne suffisent pas Ă  affirmer que le planning a Ă©tĂ© Ă©tabli « pour rĂ©pondre aux attentes des stagiaires ».

Ce planning peut comprendre des Ă©tiquettes transposables (mĂ©thode Pierre-Alexis), pour s’adapter aux alĂ©as du climat ou des stagiaires, et bien sĂ»r quelques cases libres … : les 5 % rĂ©pondant aux attentes non prĂ©vues par avance.

 

 

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III    Trucs et astuces

 

1/ L’aide auditive des « 5 D »

Jupiter et ThĂ©tis - Jean-Auguste-Dominique INGRESLa prĂ©sentation auditive des « 5 D », permet de reconnaitre facilement les postures possibles de l’animateur (ou d’un formateur đŸ˜‰  ) : animateur DĂ©mocrate, Dominant, Dictateur, DĂ©magogue, DĂ©missionnaire …

Ci-contre : ma propre position en tant que formateur BAFA, aprĂšs 10 ans d’un formatage « Ă©duc pop » intensif đŸ˜‰ , et ma participation rĂ©guliĂšre aux ateliers sur les genres  ☺.

Question : quel est le nom de cette (6Ăšme) posture ?

 

 

 

2/ L’aide visuelle du sapin

La prĂ©sentation visuelle d’un sapin, permet de montrer l’imbrication des diffĂ©rents projets allant, telles des matriochkas, du projet de l’enfant Ă  celui de l’ONU. Chaque branche porte les consĂ©quences pratiques et concrĂštes pour les animateurs. Ci-dessous une fiche de stagiaire (il y manque, Ă  la base, le « projet » de l’enfant).

 

3/ Les papotages

DĂ©finition humoristique (je crois) de papotage : « C’est une rĂ©union de travail aux vertus magiques. En utilisant cette mĂ©thode, les connaissances viennent des participants eux-mĂȘmes. A la limite (mais pas si limite que cela en pratique), il n’est plus besoin pour les organisateurs de prĂ©parer une rĂ©union. »

Plus sĂ©rieusement, il s’agit de dialogues dirigĂ©s, comme les mises en situation et partage d’expĂ©rience. Ces Ă©changes font partie des moments apprĂ©ciĂ©s des stagiaires. Les faire s’exprimer et essayer de leur faire trouver les bonnes rĂ©ponses (lorsqu’elles existent) font aussi partie de nos objectifs.

Cependant, trop souvent,  fort peu de choses restent aprĂšs coup de ces discussions … vite oubliĂ©es dans le flux et l’intensitĂ© de la semaine. Les formateurs essayent alors gĂ©nĂ©ralement (mais pas toujours) de fournir aux stagiaires des documents concis et utiles, de prĂ©fĂ©rence schĂ©matisĂ©s ou imagĂ©s, de façon Ă  ce que :

a) des traces tangibles de la formation soient visibles Ă  la fin de celle-ci (est-ce normal de n’avoir quasi rien de marquĂ© ou photocopiĂ© Ă  la fin d’un stage ?)

b) qu’ils aient quelque chose de solide, propre et structurĂ© pour s’appuyer dessus par la suite

c) de plus, si l’on n’a pas eu le temps d’aborder un point, au moins celui-ci peut-il ĂȘtre fourni sous forme de fiches đŸ˜‰

Comme il peut y avoir des soucis de logistiques (imprimante ou photocopieuse non disponibles etc …), peut-ĂȘtre est-il possible de rappeler que des documents peuvent ĂȘtre envoyĂ©s Ă  l’organisme de formation avant la formation pour photocopie ? Et / ou Ă  plus utiliser le cahier de l’animateur Ă©ventuellement offert aux stagiaires ?

 

4/ Le repos

 Caliméro

Un stage comme formateur est un travail Ă  part entiĂšre, rĂ©ellement Ă©reintant, de 7h Ă  … cela dĂ©pend de l’Ă©quipe ! Selon le directeur de formation, les nuits peuvent commencer Ă  21h, 23h, 1h du matin … ou plus.

Cela serait si bien d’Ă©viter au maximum les rĂ©unions tardives et de s’imposer une limite Ă  23h, pour permettre aux formateurs qui le dĂ©sirent de se coucher vers minuit … et ĂȘtre frais le lendemain 7H ! đŸ˜‰

 

5/ Le 5Ăšme

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Le fameux 5Ăšme repas de fin de soirĂ©e n’est certes pas une obligation mais une tradition, avec ses dĂ©fauts et ses qualitĂ©s.

Il y a un flou (grave bien sĂ»r đŸ˜‰ ), quant au financement de ce 5Ăšme. Flou qui n’existe pas dans tous les organismes. Certaines structures mettent systĂ©matiquement de cĂŽtĂ© de quoi charger les batteries pour le 5Ăšme, avec quelques biĂšres. D’autres fixent un budget prĂ©cis Ă  l’intĂ©rieur de l’enveloppe allouĂ©e au directeur de formation et celui-ci peut vous appeler -avant la formation- afin de savoir si vous prĂ©fĂ©rez un saucisson du jura… ou quelques paquets de smarties… ou les deux ☺  . Cela crĂ©e d’emblĂ©e une ambiance sympathique ☺.

Comme gardien des valeurs anciennes et garant du meilleur Ă©tat psychologique et physique possible de mon Ă©quipe de formateurs, je rendrai volontiers obligatoire ce 5Ăšme, qui en rechargeant les batteries de chacun, permet chaque nuit de rĂ©volutionner  le monde, en toute humilitĂ© !

 

Conclusion

Un grand coup de chapeau aux directeurs, formateurs et stagiaires rencontrĂ©s ☺. Je suis encore loin d’avoir le niveau de certains ! Sauf peut-ĂȘtre pour chanter la chanson de « La baleine » ;).

Ce texte est donc bien imparfait et incomplet. N’hĂ©sitez pas Ă  le critiquer ! MalgrĂ© un ton apparemment assurĂ©, j’ai bien conscience de n’avoir qu’une faible expĂ©rience comme formateur (un BAFA 1 et deux BAFA 3). J’espĂšre que l’humour, et l’autocritique, prĂ©sents dans ce retour d’expĂ©rience, feront comprendre que je me situe de façon humble et non prĂ©dicatrice,  bien loin de la posture n°6 du III 1) đŸ˜‰ .

« La critique est aisĂ©e et l’art est difficile :
La maxime réconforte ceux qui sont éreintés
Par un seul trait de plume, véritable jet de bile
Vomi par un de ceux qui n’ont jamais rien fait…

Il y a trop de ceci, et ça manque de cela
Pourquoi cette forme-ci, et pas plutĂŽt celle-lĂ  ?
Oui vraiment je comprends la fureur de l’artiste
Qui lit dans le journal tous ces propos d’autistes.

Mais il y a bien pire qu’une mauvaise critique :
C’est le mĂ©pris glacial, le silence absolu :
N’ĂȘtre jamais citĂ©, dans aucune chronique…
C’est l’absence de critique, le nĂ©ant qui vous tue ! »

Philippe NĂ©ricault Destouches, 1732

 


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