Une colo sans portable

  • Ce sujet contient 40 réponses, 10 participants et a Ă©tĂ© mis Ă  jour pour la derniĂšre fois par gogogadget, le il y a 8 annĂ©es et 4 mois.
20 sujets de 1 à 20 (sur un total de 41)
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    Messages
  • #19697
    Import
      @import

      Mais on ne peut rĂ©gler la question d’un tel outil sans se poser
      la question de ce qu’il y a derriĂšre l’utilisation de cet outil,
      le besoin auquel il rĂ©pond…
      C’est un objet transitionnel, un doudou, un objet qui permet de
      “rester en contact” mĂȘme Ă  distance : on suçote l’oreille de son doudou
      comme l’on regarde sur son portable si l’on a pas reçu un message.

      Ce qu’il y a d’intĂ©ressant Ă  observer, c’est qu’ici le pouvoir transitionnel fonctionne
      dans les deux sens : il est doudou pour l’enfant, le jeune, le jeune adulte… mais aussi
      pour le parent…
      C’est en fait toute la sociĂ©tĂ© qui a plongĂ© dans cette possibilitĂ©
      rĂ©gressif… sans que cela pose question….
      ici, on propose à ces jeunes de se passer de leur téléphone
      comme on proposerait Ă  un enfant de se passer de Lapinou
      le temps d’une colo… pour l’aider Ă  grandir… mais dans une
      sociĂ©tĂ© oĂč ce doudou est devenu une logique mĂȘme pour les adultes,
      à quoi bon vouloir faire chier juste les gamins avec cette volonté ????

      #22233
      Lapin
        @lapin-2

        Il y’a aussi les colos mi-portable : les anims rĂ©cupĂšrent les portables le soir et les rendent le lendemain aprĂšs-midi :
        Infrarouge d’Alexandra AlĂ©vĂšque et Richard Puech : 21 jours en colo – FR2 tv replay

        Attention, visible jusqu’au 6 juillet (Ăąmes sensibles s’abstenir).

        #22751
        moilapa
          @moilapa

          Au delĂ  de cette question de la peur de l’animateur
          de voir mis en confrontation le téléphone portable
          et la mĂ©diocritĂ© de ses propositions (animations) pour les jeunes…

          Le portable est quelque chose qui Ă©chappe aux adultes,
          c’est une part de ce jeune en vacances qui Ă©chappe au
          contrĂŽle des adultes : voilĂ  ce qui pose soucis.
          Le portable pour l’enfants en vacances, c’est une question
          de contrÎle, de pouvoir (comme la cabine téléphonique
          Ă  mon Ă©poque Ă©tait ressenti comme un grand danger
          par les animateurs, de mĂȘme que les courriers (voir le lien
          rĂ©cent oĂč l’on pouvait lire des tĂ©moignages sur les souvenirs
          que les personnes gardaient des colos, et notamment de
          cette pratique courante qui consistait pour les
          animateurs à faire réécrire leurs courriers aux enfants, en
          enlevant tout ce qui Ă©tait “gĂȘnant”…))

          Dans cette logique de la colo oĂč l’enfant est captif, Ă  la merci totale ,
          le téléphone portable est une faille, une possibilité de retrouver une partie
          de ses repĂšres (et d’alors avoir un peu de recule sur les pratiques
          de la colo, les adultes et leurs “vĂ©ritĂ©s…)
          Il serait trĂšs intĂ©ressant d’aller voir du cĂŽtĂ© des sectes
          les discours des dirigeants sur ce tĂ©lĂ©phone portable… sans
          doute trĂšs proche du discours dans les colos…

          Un bon exemple de cette question centrale du contrĂŽle,
          ça a été hier le délire médiatique sur le logiciel pour
          tĂ©lĂ©phone portable “Gossip” (un logiciel ayant pour
          but de crĂ©er et d’Ă©changer des rumeurs sur une
          personne)
          (il n’y a qu’Ă  Ă©couter le premier discours de najat belkacem
          sur ce que ce logiciel avait de destructeur pour l’Ă©ducation au
          collĂšge (et oĂč la question de la victime-enfant est juste oubliĂ©e)

          A trop vouloir contrĂŽler cet enfant, l’entourer, baliser l’ensemble de
          sa vie, sans laisser Ă  l’enfant la possibilitĂ© d’avoir ses propres expĂ©riences,
          d’avoir un point de vue, un vĂ©cu, sa propre construction “morale”,
          sa “conscience”, on en fait des monstres.
          A ce titre, les deux bourricots qui ont dégommé
          devant Charlie Hebdo sont de bons exemples du produit
          de cette Ă©ducation lĂ .

          Je dis que non seulement l’Ă©ducation ne permet pas de lutter
          contre des logiciels façon “Gossip” (certains prĂ©tendent
          répondre au problÚme en limitant son accés aux moins de 18 ans !!
          Disant ainsi que le problĂšme n’est pas la dĂ©lation mais les jeunes !!
          De la part d’adultes si friants de “press Ă  scandale”, de tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ©
          façon ko lanta et autres expressions pulsionnelles les plus sales…)
          mais qu’elle (l’Ă©ducation) crĂ©e la route vers ces “dĂ©rives”.

          Plus on encadre ces enfants, plus on crĂ©e un “cocon” artificiel qui,
          une fois ces enfants devenus ados, ayant accés
          Ă  un minimum d’autonomie, plus l’on participe Ă  la construction de ces “monstres” : c’est l’Ă©ducation
          qui les fait ainsi.
          C’est le mĂȘme phĂ©nomĂšne que celui relevĂ© par
          la sécurité routiÚre, sur le carnage des collégiens
          dans la ville, parcequ’enfants accompagnĂ©s par leurs
          parents Ă  l’Ă©cole, et pas prĂȘt Ă  vivre leur vie de personne
          autonome…

          Paradoxalement, les ados ont un allié dans ce
          combat pour le portable : ces bonnes vieilles mamans !
          qui voient dans cet outil l’assouvissement du plus vieux
          fantasme de la mĂšre : ne jamais laisser partir
          son enfant… (soit un contrĂŽle totalitaire pour un autre)

          DerriĂšre cette logique (ado=danger) il y a Ă©videmment
          cette question du contrĂŽle, de la perte de contrĂŽle
          de ce qui Ă©tait il n’y a pas longtemps encore, ces enfants
          si faciles Ă  contrĂŽler, dont il est si facile de jouir…

          #22948
          gogogadget
            @gogogadget

            Salut Lapin,

            Merci pour ce lien fort intĂ©ressant, j’en prends bonne note et vais Ă©tayer ma rĂ©flexion en partant du principe que le portable peut Ă©galement avoir des utilisations positives (je ne relĂšve pas l’argument de Xinome, je n’ai jamais vu quelqu’un faire la queue pour la cabine en sĂ©jour… il est vrai que je n’ai jamais encadrĂ© de centres de plus de 80 enfants, ceci explique peut ĂȘtre cela).
            Dans ton exemple Lapin, tu proposes le portable comme un objet dont l’utilisation est rĂ©flĂ©chie, et limitĂ©e Ă  certains besoins spĂ©cifiques identifiĂ©s. Pas sĂ»r que le smartphone et ce qu’il permet rentre dans ce cadre lĂ . A voir…

            #22975
            Lapin
              @lapin-2

              Bonjour Ă  toutes et Ă  tous,

              gogogadget a Ă©crit :
              Salut Lapin,
              Oui, tu as parfaitement résumé mon approche.

              Merci pour ce retour trĂšs clair.

              Tu sembles sĂ©duit par un certain esprit des messages de moilapa que tu traduis ainsi : “Le cĂŽtĂ© spontanĂ© et naturel du dĂ©laissement du portable (ou tout autre support) dĂšs lors que les animations proposĂ©es, voire mĂȘme le simple fait de partager des moments Ă  plusieurs est plus motivant” (post #27). J’ai la mĂȘme analyse que toi du discours de moilapa, repris en partie par Semastien post #33 et surtout par Xinome post #35.
              Il y’a dans ce discours en fond l’idĂ©e que les jeunes sont sur leur portable parce qu’ils se dĂ©sintĂ©ressent de la situation prĂ©sente. Le portable serait une alternative Ă  un prĂ©sent fade et ennuyeux. A contrario, la mise en place d’une animation palpitante et intense s’observerait par l’absence de portable. Selon toi, moilapa, l’usage du portable serait un indicateur de l’intĂ©rĂȘt du public : pour rĂ©sumer, s’ils l’utilisent, c’est qu’ils se font ch**r.
              Ai-je bien compris ?

              J’ai pour ma part essayĂ© de montrer une autre approche sur le fil TĂ©lĂ©phone portable en sĂ©jour oĂč tu trouveras de nombreux avis.

              Concernant les usages positifs du portable, il y’a le tĂ©moignage Texto colo d’Olivia Gault dans Les cahiers de l’animation n°85 (janv. 2014). Sur un sĂ©jour, le portable lui sert d’outil de coordination avec les jeunes (sorties en autonomie) et de moyen de communication facile, par texto. Les repas sont Ă©chelonnĂ©s et un anim envoie un sms aux ados qu’il n’a pas vu Ă  table. “Ça a certes l’avantage, pratique pour l’anim, de ne pas avoir Ă  se dĂ©placer pour aller chercher celui ou celle qui n’est pas venu manger, c’est aussi selon moi une façon de dire, d’une part tu as le droit d’ĂȘtre seul(e) Ă  des moments et je ne viens pas vĂ©rifier ce que tu es en train de faire, ce qui est une marque de confiance, et d’autre part « je me soucis de ton bien ĂȘtre et nous avons remarquĂ© ton absence au repas ».” (page 15) Pour ce sĂ©jour, les textos sont Ă©galement utilisĂ© par les jeunes pour des demandes plus difficiles Ă  exprimer oralement (soucis, peurs…).

              #23046
              Xinome
                @xinome

                @ gogogadget

                Je ne dis pas que le portable empĂȘche de vivre des choses ensemble, je dis simplement qu’il ne favorise en rien la cohĂ©sion d’un groupe le temps d’un sĂ©jour, car il est un fil Ă  la patte qui te ramĂšne constamment Ă  ton quotidien, mĂȘme Ă  des moments oĂč tu ne le souhaiterais pas (intrusif).

                Je pense que si les activitĂ©s proposĂ©es et les autres personnes intĂ©ressent ces ados ils lĂącheront leur tĂ©lĂ©phone tout seul et que ta cohĂ©sion se fera. D’ailleurs ces ados peuvent trĂšs bien ĂȘtre plusieurs Ă  regarder une vidĂ©o sur le smartphone en mĂȘme temps, tu auras donc bien des ados qui parlent et partagent des trucs.

                . Et si tu as des exemples d’apport positif du portable en sĂ©jour, je suis tout ouĂŻ et prĂȘt Ă  revoir mon jugement sur ce point.

                Ne plus faire la queue à la cabine téléphonique ?

                Alors pour repartir sur ma question initiale: si toi Xinome, sans ĂȘtre l’adulte tout puissant et savant qui distille la bonne parole au groupe, si tu avais des choses Ă  partager avec les jeunes, issus de ton vĂ©cu, de ton expĂ©rience, ou d’informations recueillies lors de recherches, comment t’y prendrais-tu ?

                Je pense que je ne chercherais pas à vouloir placer ces choses issue de mon vécu, ça viendrait ou pas dans les conversations.

                #23051
                gogogadget
                  @gogogadget

                  Hello Semastien,

                  Ce n’Ă©tait pas aussi Ă©vident dans ta prĂ©cĂ©dente intervention, mais voilĂ  qui est fait ! 😉

                  #23058
                  Semastien
                    @seb-r

                    gogogadget a Ă©crit :
                    Car c’est un point sur lequel la plupart reste silencieux: personne encore n’a Ă©mis cette idĂ©e de dĂ©bat, de confrontation de point de vue entre les jeunes et les encadrants…

                    J’espĂšre que tu as bien compris que c’Ă©tait justement ce dont il Ă©tait question dans ma prĂ©cĂ©dente intervention 😉

                    Outre le fait de proposer des animations de qualitĂ© telles qu’elles dĂ©tournent de l’utilisation du portable, tu peux estimer lĂ©gitime de faire part de tes prĂ©occupations face au tĂ©lĂ©phone portable (en sĂ©jour ou de maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale), par le biais d’une discussion avec l’ensemble des jeunes et de l’Ă©quipe pĂ©dagogique, autour de “l’objet” que j’ai (comme d’autres ici) commencĂ© Ă  questionner.

                    Remettre en questions la pertinence de “l’objet” problĂ©matique, la cohĂ©rence de la dĂ©marche, l’efficience des moyens mis en oeuvre, et les moyens d’Ă©valuation de l’action proposĂ©e, en soi, le dĂ©bat peut-ĂȘtre trĂšs riche pour tout le monde.

                    Peut-ĂȘtre que tu abandonneras “l’objet” qui te semblait problĂ©matique en soi, pour quelque chose qui l’englobe.
                    Peut-ĂȘtre que l’action ne prendra plus du tout la mĂȘme forme, du moment que la discussion aura pointĂ© sur des questionnements peut-ĂȘtre plus saillant.

                    Bref, tu peux proposer d’amorcer un dĂ©bat par le biais des tĂ©lĂ©phones portables, mais laisse Ă  chacun des participants au dĂ©bat la possibilitĂ© de dĂ©centrer l’objet pour mettre la focale sur quelque chose qui semble faire plus de sens pour eux.

                    Le vĂ©cu de ces Ă©changes peut intĂ©resser chaque membre du groupe, et enrichira chacun, du moment que c’est bien emmenĂ© et bien menĂ© (provoquer un dĂ©but de dĂ©bat ne veut pas dire l’entretenir artificiellement si tout le monde s’en dĂ©tourne).

                    Cette dĂ©marche peut s’apparenter au principe du “rĂ©flĂ©chir avant d’agir”.

                    La dĂ©marche inverse peut-ĂȘtre tout aussi pertinente, Ă  savoir expĂ©rimenter et dĂ©briefer.

                    Les deux peuvent aussi se combiner.

                    Bref, le champs des possibles est vaste 😉

                    #23065
                    gogogadget
                      @gogogadget

                      Re re,

                      moilapa a Ă©crit :
                      Pourtant tu poses la question de l’utilisation
                      du portable chez le jeune (et mĂȘme si tu inclus les adultes
                      dans ce constat)
                      En cherchant comment “supprimer” temporairement
                      le portable… supprimer, faire disparaĂźtre (mĂȘme temporairement)
                      plutĂŽt que de proposer une alternative qui surpasse
                      l’intĂ©rĂȘt du portable :
                      soit comme dans une cour d’Ă©cole oĂč l’on supprime
                      les jouets parce que potentiellement porteurs
                      de conflits entre les enfants (soit au passage
                      l’exact contraire de ce qu’est l’Ă©ducation, de la
                      part de “grands penseurs” de l’Ă©ducation…)

                      Préférer supprimer le problÚme plutÎt que de lui
                      offrir une alternative : en cela oui : tu fais de l’ado
                      le problĂšme. Quand le problĂšme est sans doute
                      toi (l’animateur) et son incapacitĂ© Ă  produire
                      cette alternative.

                      Soit : penser l’Autre comme le problĂšme,
                      et non soi…

                      C’est exactement ce que tu fais. C’est exactement
                      la logique de l’animation sociocul (de l’Ă©ducation dans
                      son ensemble)

                      J’ai bien intĂ©grĂ© cette notion d’alternative, et de rĂ©flexion sur soi pour ĂȘtre en mesure de proposer quelque chose “qui surpasse”. Merci Moilapa, je trouve ça trĂšs constructif et pertinent comme raisonnement.

                      #23066
                      moilapa
                        @moilapa

                        Personne ne dit ici que l’enfant est le problĂšme,
                        Pourtant tu poses la question de l’utilisation
                        du portable chez le jeune (et mĂȘme si tu inclus les adultes
                        dans ce constat : cela n’enlĂšve rien Ă  ta volontĂ© sur ces jeunes :
                        ce n’est qu’un grand classique de l’Ă©ducation, un subterfuge qui
                        permet ensuite…
                        Ex : bon, pour montrer l’exemple, les animateurs vous mangerez de tout.
                        Ce qui vous permettra ensuite de dire aux enfants de manger
                        de tout… Mais quel rapport !!! En quoi le fait que l’adulte mange de tout
                        oblige l’enfant Ă  faire entrer dans son corps tout ce que l’adulte
                        à décider pour lui !!!!!!!
                        (ce n’est qu’un exemple pour dĂ©montrer ce qu’il y a lĂ  de manipulation
                        Ă  prĂ©tendre l’accord d’une cible (pĂ©dagogique)

                        En cherchant comment “supprimer” temporairement
                        le portable… supprimer, faire disparaĂźtre (mĂȘme temporairement)
                        plutĂŽt que de proposer une alternative qui surpasse
                        l’intĂ©rĂȘt du portable :
                        soit comme dans une cour d’Ă©cole oĂč l’on supprime
                        les jouets parce que potentiellement porteurs
                        de conflits entre les enfants (soit au passage
                        l’exact contraire de ce qu’est l’Ă©ducation, de la
                        part de “grands penseurs” de l’Ă©ducation…)
                        Il y aura toujours un moyen d’embobiner les mĂŽmes
                        pour leur faire croire que l’idĂ©e vient d’eux ou qu’ils
                        ont donné en parfaite connaissance de cause leur
                        accord !! (ce que tu fais : la question ici n’est pas
                        celle de l’accord de ces jeunes, mais de toi et de ta
                        volonté)

                        Préférer supprimer le problÚme plutÎt que de lui
                        offrir une alternative : en cela oui : tu fais de l’ado
                        le problĂšme. Quand le problĂšme est sans doute
                        toi (l’animateur) et son incapacitĂ© Ă  produire
                        cette alternative.

                        Soit : penser l’Autre comme le problĂšme,
                        et non soi…

                        C’est exactement ce que tu fais. C’est exactement
                        la logique de l’animation sociocul (de l’Ă©ducation dans
                        son ensemble)

                        #23067
                        gogogadget
                          @gogogadget

                          Re,

                          moilapa a Ă©crit :
                          Soit un retournement de point de vue :
                          ne pas partir d’un principe (LE principe de
                          l’animation sociocul) que le jeune (l’enfant) est le problĂšme,
                          mais que c’est l’animateur le problĂšme,
                          le “sujet d’Ă©tude” .
                          TrĂšs souvent, le problĂšme, ce sont les limites de
                          cet adulte animateur.
                          De là : comment remédier à ces faiblesses ?

                          Ici : comment juste faire son boulot d’animateur,
                          sans se cacher derriĂšre une si facile et rassurante
                          idĂ©e “d’Ă©ducation”…

                          Personne ne dit ici que l’enfant est le problĂšme, vouloir proposer un dĂ©fi pour freiner notre utilisation du smartphone connĂ©ctĂ© 2 semaines, ne revient pas Ă  dire que ce “problĂšme” vient des jeunes… Soyons clairs.
                          Je dĂ©borde du sujet, mais une question subsidiaire me vient Ă  la lecture de ton post: quel est le boulot de l’animateur selon tes critĂšres ? En parcourant le forum, je te sens en dĂ©saccord avec pas mal de monde, et objectant que l’adulte doit foutre la paix Ă  l’enfant. Ce qui s’entend en lisant tes arguments. Mais du coup je me pose cette question: quel est alors la limite “Ă©ducative” de l’animateur ? Car j’ai bien notĂ© qu’il est primordial pour toi de mettre en avant la mise en place de jeux et activitĂ©s de qualitĂ©, et la prise en compte des besoins de l’enfant (qui fera donc que ce dernier viendra naturellement vers l’activitĂ© proposĂ©e par l’adulte s’il en ressent le besoin et l’envie). Et quid du volet “Ă©ducatif”, de ton vĂ©cu perso, de tes expĂ©riences, tes connaissances. Qu’en fais tu sur un sĂ©jour que tu encadres ?
                          DĂ©solĂ© de l’Ă©cart du sujet, mais le dernier post de Moilapa a ouvert une autre question.

                          #23068
                          gogogadget
                            @gogogadget

                            Salut Xinome,

                            Xinome a Ă©crit :

                            Je t’invite Ă  relire plus bas les motivations et objectifs avancĂ©s.
                            Merci de ta contribution, mĂȘme si ce n’Ă©tait pas la question initiale.

                            Alors je vais reformuler plus clairement : en quoi se servir de son portable empĂȘche de passer un sĂ©jour oĂč on va avoir un vĂ©cu commun ? En quoi ça empĂȘche de vivre des choses ensemble ?

                            Toute te dĂ©marche vient de ça “Facebook, instagram, la 3G, 4G, tweeter… Pour faire court, c’est pas mon dada. “ Parce que ce n’est pas dans tes habitudes c’est nocif -on dirait que tu parles de droguĂ©s parfois !-, c’est trop dans l’immĂ©diatetĂ©, trop ceci, trop cela, pourquoi juste dire que tu ne comprends pas ce que les gens y trouvent et que ça ne t’intĂ©resse pas. Quand j’Ă©tais plus jeune certains anim ne tolĂ©raient pas qu’on Ă©coute notre musique avec des Ă©couteurs. Sans doute au nom de la mĂȘme idĂ©ologie de “vivre ensemble, bla bla bla”.
                            Tel que tu Ă©cris, tu ne veux pas imposer une interdiction du portable aux jeunes (peut ĂȘtre as-tu peur du retour de bĂąton) tout en jugeant leurs habitudes mauvaises mais tu ne veux pas non plus assumer les raisons qui te poussent Ă  faire ce choix. En fait tu cherches une solution pour les manipuler et faire passer le truc sous forme ludique… que crains-tu Ă  dire que parce que toi tu n’aimes pas ça tu veux qu’ils ne soient pas sur leur portable ?

                            Je pense que je n’arrive pas Ă  me faire comprendre de toi. Je vais rĂ©essayer si tu me le permets.
                            Ma motivation premiĂšre n’est pas due au fait que je suis pas un grand fan du portable. J’ai de violents mal de crĂąne lorsqu’on fume Ă  cĂŽtĂ© de moi, et je ne bois pas une goutte d’alcool. Ce n’est pas pour autant que je mets en avant plus que de nĂ©cessaire la nocivitĂ© du tabac par exemple. Et il ya plein d’autres sujets de ce style.
                            Non, lĂ  encore une fois, la rĂ©flexion est vraiment autour du constat que le portable en sĂ©jour a contribuĂ© ou accĂ©lĂ©rĂ©/favorisĂ© de nouveaux moeurs, un esprit de consommation (on vient prendre ce qu’il y a Ă  prendre, des paysages, une activitĂ©, que l’on s’empressera de partager au monde avant mĂȘme de l’avoir “ingurgitĂ©e”), une forme d’individualisme aussi, et un frein Ă  l’Ă©change. Je ne dis pas que le portable empĂȘche de vivre des choses ensemble, je dis simplement qu’il ne favorise en rien la cohĂ©sion d’un groupe le temps d’un sĂ©jour, car il est un fil Ă  la patte qui te ramĂšne constamment Ă  ton quotidien, mĂȘme Ă  des moments oĂč tu ne le souhaiterais pas (intrusif). Du reste, je n’ai rien contre les technologies, certains favorisant mĂȘme des activitĂ©s abouties et intĂ©ressantes (je suis particuliĂšrement impressionnĂ© par le paintlight). Et si tu as des exemples d’apport positif du portable en sĂ©jour, je suis tout ouĂŻ et prĂȘt Ă  revoir mon jugement sur ce point.
                            Le portable et autres rĂ©seaux sociaux connectĂ©s c’est mal ? Je ne le crois pas et je laisse chacun juge. Certains ont Ă©voquĂ©es ici des Ă©lĂ©ments pertinents sur la vanitĂ©, l’Ă©gocentrisme, le cĂŽtĂ© surfait d’une vie inventĂ©e et fantasmĂ©e. J’ai parlĂ© d’une Ă©tude jugeant la surutilisation des rĂ©seaux sociaux dangereuse (dĂ©pression numĂ©rique).
                            Alors pour repartir sur ma question initiale: si toi Xinome, sans ĂȘtre l’adulte tout puissant et savant qui distille la bonne parole au groupe, si tu avais des choses Ă  partager avec les jeunes, issus de ton vĂ©cu, de ton expĂ©rience, ou d’informations recueillies lors de recherches, comment t’y prendrais-tu ?
                            Je ne sais pas si j’ai Ă©tĂ© plus clair, mais n’hĂ©sites pas Ă  me le dire si ce n’est pas le cas.

                            #23070
                            moilapa
                              @moilapa

                              Soit un retournement de point de vue :
                              ne pas partir d’un principe (LE principe de
                              l’animation sociocul) que le jeune (l’enfant) est le problĂšme,
                              mais que c’est l’animateur le problĂšme,
                              le “sujet d’Ă©tude” .
                              TrĂšs souvent, le problĂšme, ce sont les limites de
                              cet adulte animateur.
                              De là : comment remédier à ces faiblesses ?

                              Ici : comment juste faire son boulot d’animateur,
                              sans se cacher derriĂšre une si facile et rassurante
                              idĂ©e “d’Ă©ducation”…

                              #23071
                              gogogadget
                                @gogogadget

                                Salut Moilapa,

                                moilapa a Ă©crit :
                                aprĂšs lectures, je reformule :

                                le téléphone portable, comme la console de jeu portable,
                                ou comme la généralisation de la télé dans les locations
                                d’un camping,, voir une BD, un livre…
                                (mais dans une situation particuliĂšre : non
                                plus l’intime de la chambre de l’enfant,
                                mais dans une collectivité)
                                Comme de quelque chose qui “accapare” une personne qui
                                n’est plus alors “avec les autres”…
                                (le livre parce qu’ainsi on Ă©vite l’Ă©change faussĂ©
                                sur la question du support polémique)

                                Dans ce cas-lĂ , la question est : que propose t-on
                                comme alternative ?
                                Est-on capable, en tant qu’animateur, de proposer
                                Ă  ces gamins quelque chose de plus “accrocheur” que
                                leur jouet “autocentrĂ©” ?

                                Dans ce cas, seule une situation oĂč cette richesse d’Ă©change
                                est fragile, fausse, un groupe oĂč les individus ne sont pas
                                dans une situation de confiance,
                                craindra la prĂ©sence du tĂ©lĂ©phone portable…

                                Il y a quelque chose qui m’intĂ©resse beaucoup dans ce que tu as Ă©crit. Le cĂŽtĂ© spontanĂ© et naturel du dĂ©laissement du portable (ou tout autre support) dĂšs lors que les animations proposĂ©es, voire mĂȘme le simple fait de partager des moments Ă  plusieurs est plus motivant. Ce qui revient dans mon cas, non plus Ă  trouver une accroche pour proposer au groupe de se passer de leur “doudou”, mais plutĂŽt de creuser plus en profondeur Ă  ce qui les motiverait durant ces 2 semaines. Ca modifie ma rĂ©flexion. Merci.

                                #23074
                                gogogadget
                                  @gogogadget

                                  Salut Michmuch,

                                  michmuch a Ă©crit :
                                  Une colo sans portable, c’est comme le grand air ou le bain de siĂšge dans les annĂ©es 50. Il faut soigner les enfants. C’est de l’orthopĂ©die.
                                  C’est toujours cette idĂ©e d’ (rĂ©)Ă©ducation de la jeunesse. Le tout enrobĂ© de discours bien-veillant ou plutĂŽt bien-pensant. Bien-pensant pour l’autre… L’adulte plaque sur l’autre ce qu’il pense, croit bon pour l’enfant. Le portable, la TV, la console, le bain de siĂšge, l’huile de foie de morue, la collation de 10h, le verre de lait,… L’adulte pense et l’enfant doit se dĂ©merder pour exister dans la pensĂ©e de l’adulte.
                                  Quant au fait de ne pas vouloir d’un discours trop moralisateur, c’est simplement ne pas assumer l’interdit, l’idĂ©e plaquĂ©e injustifiable que l’on demande tyranniquement d’exĂ©cuter aux enfants. J’ai dĂ©cidĂ© que c’Ă©tait mieux pour vous…
                                  On revient sur l’éducation : la progression, comme outil “doux” d’Ă©ducation.

                                  Et pourquoi pas une colo sans animateur plutĂŽt…

                                  Cela a existĂ© un temps, oĂč les jeunes partaient sur un temps dĂ©fini hors du centre en totale autonomie, sans encadrement, pour vivre leur expĂ©rience. Ton idĂ©e, mĂȘme si elle se voulait sarcastique, se dĂ©fend tout Ă  fait. Faut voir ce que tu y mets derriĂšre.

                                  Encore une fois, il ne s’agit vraiment pas de masquer quoi que ce soit, mentir ou de dĂ©former une rĂ©alitĂ©. Juste de trouver un angle appropriĂ© qui parle le plus au groupe. C’est pas la mĂȘme chose…
                                  Je n’imagine pas que tu t’adresses Ă  ton patron de la mĂȘme façon qu’Ă  ton conjoint lorsqu’il t’arrive de discuter ou dĂ©battre.
                                  Car c’est un point sur lequel la plupart reste silencieux: personne encore n’a Ă©mis cette idĂ©e de dĂ©bat, de confrontation de point de vue entre les jeunes et les encadrants…
                                  Oui, je souhaite proposer une cure d’extra-connection (pour les raisons Ă©voquĂ©es plus bas: cohĂ©sion de groupe, et sensibilisation aux mĂ©faits de l’hyper-connection).
                                  Mais j’ai bien prĂ©cisĂ© que je ne souhaite pas l’imposer (en ce sens la dĂ©marche progressive de Semastien m’a interpellĂ©e). Quid donc des jeunes qui n’en verraient pas l’utilitĂ© ? qui ne souhaitent pas tenter l’expĂ©rience ? Qui auraient une alternative Ă  proposer ?
                                  Je comprends bien ce que tu dis Muchmuch, mais ton argumentaire laisse Ă  penser que l’enfant est dĂ©muni face Ă  l’adulte tout-puissant qui impose avec force ses idĂ©es. Je n’ai pas vraiment l’impression qu’on soit dans ce cas de figure ici. Ou alors je me suis mal exprimĂ©. L’huile de foie de morue Ă©tait administrĂ©e parfois sous la contrainte pour les rĂ©calcitrants, idem pour le reste. Ne mĂ©langeons pas tout.
                                  Et alors si je te suis Muchmuch, l’enfant ne serait pas capable de savoir, ressentir ce qui est bon pour lui ? de discerner un discours authentique d’une mascarade ? D’exposer son point de vue et ses arguments face Ă  un adulte bienveillant et Ă  l’Ă©coute ? Cela m’intĂ©resse d’avoir ton avis, afin d’affiner encore un peu plus ma rĂ©flexion.
                                  Merci à toi pour ta contribution qui élargit le débat.

                                  #23080
                                  michmuch
                                    @michmuch

                                    Une colo sans portable, c’est comme le grand air ou le bain de siĂšge dans les annĂ©es 50. Il faut soigner les enfants. C’est de l’orthopĂ©die.
                                    C’est toujours cette idĂ©e d’ (rĂ©)Ă©ducation de la jeunesse. Le tout enrobĂ© de discours bien-veillant ou plutĂŽt bien-pensant. Bien-pensant pour l’autre… L’adulte plaque sur l’autre ce qu’il pense, croit bon pour l’enfant. Le portable, la TV, la console, le bain de siĂšge, l’huile de foie de morue, la collation de 10h, le verre de lait,… L’adulte pense et l’enfant doit se dĂ©merder pour exister dans la pensĂ©e de l’adulte.
                                    Quant au fait de ne pas vouloir d’un discours trop moralisateur, c’est simplement ne pas assumer l’interdit, l’idĂ©e plaquĂ©e injustifiable que l’on demande tyranniquement d’exĂ©cuter aux enfants. J’ai dĂ©cidĂ© que c’Ă©tait mieux pour vous…
                                    On revient sur l’éducation : la progression, comme outil “doux” d’Ă©ducation.

                                    Et pourquoi pas une colo sans animateur plutĂŽt…

                                    #23081
                                    balthazaar
                                      @balthazaar

                                      @ludou
                                      Je parlais justement d’une superficialitĂ© qui n’est pas la vie. Ça fait plutĂŽt partie de la personnalitĂ©, de l’image de soi, de la rĂ©putation.

                                      Je m’y connais pas trop dans tout ce qui facebook, twitter (en fait j’ai mĂȘme aucune idĂ©e du comment ça marche), mais n’y aurait-il pas quelque chose Ă  proposer de l’ordre de l’enquĂȘte, voire de l’Ă©tude scientifique sur soi-mĂȘme – ou les uns-les-autres puisque le format sĂ©jour le permet ?
                                      Scientifique? ou mĂ©thodique? 😛

                                      Comment ça marche? C’est des sites web avec des bases de donnĂ©es qui enregistrent tout ce que tu fais (y compris ce que tu ne publies pas et que tu effaces aprĂšs l’avoir tapĂ©) et dont le modĂšle Ă©conomique est basĂ© sur la vente de donnĂ©es personnelles. (mais ça tu savais… lol)

                                      L’Ă©tude mĂ©thodique sur les personnes est dĂ©jĂ  pratiquĂ©e, et ce monde-lĂ  n’est vraiment pas joli. Qu’est-ce qui peut nous pousser Ă  vouloir tout savoir de la vie de quelqu’un? La volontĂ© de contrĂŽler cette personne. Et quand je dis “tout”, c’est vraiment tout.

                                      L’omni-prĂ©sence des technologies, ça n’a pas de sens. Tous les outils crĂ©Ă©s par les humains sont des technologies. Quelqu’un est contre l’omni-prĂ©sence de la roue? 😀


                                      @moilapa

                                      Je rĂ©pĂšte mon propos alors : mettre en “rĂ©sonance” le doudou
                                      comme un objet qui fait en partie “le replis sur soi”, et de l’autre : les autres.
                                      Ce que la vie avec les autres peut avoir de plus attrayant que ce
                                      doudou rassurant…

                                      Je comprends mieux ce que tu voulais dire. Effectivement ça fait du sens avec tout le reste (idĂ©e d’Ă©duquer, mĂ©thodo de projet…). Ça me fait penser aux phobies scolaires. Apparemment il existe des enfants qui ont un traumatisme de l’Ă©cole. Et ce n’est pas Ă©tonnant que des enfants craquent devant une telle culture de la performance, une telle interdiction de se tromper.

                                      La mĂ©canique est un peu la mĂȘme quand l’idĂ©e d’Ă©ducation passe dans les vacances.

                                      #23085
                                      moilapa
                                        @moilapa

                                        lĂ , il me semble que tu dis de grosses bĂȘtises…

                                        c’est un peu comme si on cherchait une drogue plus aliĂ©nante que la prĂ©cĂ©dente
                                        L’Autre serait aliĂ©nant ???? Avoir envie de partager du temps avec,
                                        le goĂ»t de l’Autre, l’envie de partager comme de quelque chose d’aliĂ©nant !!!

                                        Et lĂ  j’en suis sĂ»r :
                                        jouer avec le sentiment de possession et de puissance,

                                        Je te renvoie Ă  cette question premiĂšre : qu’Est-ce
                                        que l’animation ??? Comment arrives tu Ă  penser ainsi
                                        ton mĂ©tier d’animateur ???
                                        C’est que tu n’as pas compris grand chose de ce mĂ©tier…

                                        Comment fais-tu le lien entre “donner envie” et sentiment de “possession et de puissance” ???

                                        Sauf qu’ĂȘtre capable de permettre cette richesse, c’est pas donnĂ© Ă  tout le monde
                                        N’Est-ce pas ce que fais chaque personne, chaque jour, dans sa relation aux autres ?
                                        N’Est-ce pas ça que de vivre, en tant qu’animal social ?

                                        C’est un peu ce que je dis Ă  “mon” animatrice ados cet Ă©tĂ© :
                                        je n’attends rien de toi, que d’ĂȘtre entourĂ©e d’ado, d’ĂȘtre avec eux…
                                        Aucune attente s’agissant d’animation, aucune pression, comme
                                        le discours de parents qui viendrait me voir en disant “mon
                                        ado ne fait que zoner”… Ca, c’est mon boulot, je la laisse alors se concentrer
                                        sur ce qui importe…

                                        S’agissant alors des autres anim (Ă©quipe pour les 3-6 ans, 6-9, prĂ© ados)
                                        c’est lĂ©gĂšrement diffĂ©rent, mais, au delĂ  des animations,
                                        ce qui va “faire mon observation’, c’est “l’ambiance” au sein du groupe…
                                        Et s’agissant d’animation : bin, c’est un mĂ©tier, on est pas dans
                                        une “gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e”…
                                        On ne peut pas demander Ă  ces anim’ sans formation,
                                        sans bagages, ce qui n’est pas Ă  leur portĂ©e (mĂȘme si je
                                        suis au départ en apparence exigent)
                                        Donc, dĂ©jĂ  le relationnel pour ces anim’,
                                        et s’agissant d’animations “haut de gamme”, pensĂ©es…
                                        c’est Ă  moi “de faire en sorte que” (bon, en mĂȘme temps,
                                        c’est pour ça qu’on me paie gĂ©nĂ©reusement…)

                                        Je rĂ©pĂšte mon propos alors : mettre en “rĂ©sonance” le doudou
                                        comme un objet qui fait en partie “le replis sur soi”, et de l’autre : les autres.
                                        Ce que la vie avec les autres peut avoir de plus attrayant que ce
                                        doudou rassurant…
                                        Soit ce qui est au cƓur de ce mĂ©tier :
                                        en tant qu’anim’, je ne dois pas ĂȘtre plus effrayĂ© par le
                                        tĂ©lĂ©phone portable que le fait pour moi qu’un camping ait
                                        installĂ© des tĂ©lĂ© dans toutes les locations : tout bĂȘtement parce que
                                        C’EST LA QUE COMMENCE LE METIER :
                                        Ce tĂ©lĂ©phone portable n’est en rien un problĂšme !!!
                                        Il est le point de départ du sens de notre métier
                                        ET DONC (enfin !) : vouloir supprimer ce téléphone portable,
                                        c’est vouloir se protĂ©ger soit en tant qu’animateur pas sĂ»r de lui.
                                        C’est l’aveux de sa propre “incapacitĂ©”.
                                        Soit alors ici : non pas un échange sur faire disparaßtre ou pas le téléphone
                                        portable, mais qu’Est-ce qui fait qu’un anim puisse vouloir
                                        faire disparaĂźtre cet objet…

                                        (ai-je mieux exprimer mon point de vue ainsi ?)

                                        #23086
                                        ludou
                                          @ludou

                                          tu pointes un truc plutĂŽt parlant moilapa…

                                          mais c’est un peu Ă  double-tranchant il me semble. Si tu t’engages dans une dĂ©marche de type “trouver plus accrocheur”, c’est un peu comme si on cherchait une drogue plus aliĂ©nante que la prĂ©cĂ©dente. Donc continuer Ă  jouer avec les ressorts vus, vus, vus et revus du marketing (crĂ©er le dĂ©sir, jouer avec le sentiment de possession et de puissance, etc.).

                                          Par contre, rĂ©flĂ©chir Ă  une alternative en terme de richesse d’Ă©change (et je dirais surtout en terme de “justesse” d’Ă©change, ou de “justice”), c’est bien diffĂ©rent… Sauf qu’ĂȘtre capable de permettre cette richesse, c’est pas donnĂ© Ă  tout le monde, ça demande parfois des annĂ©es de travail…

                                          #23087
                                          moilapa
                                            @moilapa

                                            aprĂšs lectures, je reformule :

                                            le téléphone portable, comme la console de jeu portable,
                                            ou comme la généralisation de la télé dans les locations
                                            d’un camping,, voir une BD, un livre…
                                            (mais dans une situation particuliĂšre : non
                                            plus l’intime de la chambre de l’enfant,
                                            mais dans une collectivité)
                                            Comme de quelque chose qui “accapare” une personne qui
                                            n’est plus alors “avec les autres”…
                                            (le livre parce qu’ainsi on Ă©vite l’Ă©change faussĂ©
                                            sur la question du support polémique)

                                            Dans ce cas-lĂ , la question est : que propose t-on
                                            comme alternative ?
                                            Est-on capable, en tant qu’animateur, de proposer
                                            Ă  ces gamins quelque chose de plus “accrocheur” que
                                            leur jouet “autocentrĂ©” ?

                                            C’est Ă  dire : du tĂ©lĂ©phone portable, partout, tout le
                                            temps, comme révélateur de la richesse de ces temps partagés
                                            de la capacité des animateurs à avoir pris en compte
                                            l’enfant dans son loisir, de ce qu’il pourrait attendre de
                                            ces temps partagĂ©s…

                                            Le tĂ©lĂ©phone comme d’un doudou qui permet de combler
                                            du vide, qui rassure,
                                            Ă  l’opposĂ©e de l’imprĂ©vu que reprĂ©sente la confrontation
                                            Ă  l’Autre, et de tout ce qu’il a de non maĂźtrisable…

                                            Dans ce cas, seule une situation oĂč cette richesse d’Ă©change
                                            est fragile, fausse, un groupe oĂč les individus ne sont pas
                                            dans une situation de confiance,
                                            craindra la prĂ©sence du tĂ©lĂ©phone portable…

                                          20 sujets de 1 à 20 (sur un total de 41)
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